Archives pour la catégorie TAO des arbres

Le jeune houx représente l’initié

 

Le Houx se fête du 8 juillet au 4 août de chaque année druidique. Il est associé à la lettre oghamique T correspondant à l’Ogham Tinne et la rune Man. Le houx est symbole de courage, de longévité et de résistance.
Tout comme l’aubépine, le houx constitue un rempart épineux, gardien du monde métaphysique et de ses secrets, face au monde terrestre. Puissant protecteur, le houx éloigne le mauvais œil et les énergies négatives.
Le houx a remplacé le gui, dans les pratiques druidiques, lorsque l’usage de celui-ci fut interdit par l’église qui le considérait comme plante maléfique. Les druides vénèrent cet arbre, car, il protége les esprits sacrés de la foret. Ils utilisent son bois pour la fabrication de baguettes utiles dans les cérémonies ésotériques.

 

houx

Quelques baies portées sur soi et bénies des prêtres sont de véritables portes bonheur. Les druides utilisent le houx comme remède universel, pour guérir et protéger de toute maladie terrestre ou d’envoûtement. 

Le Câd goddeu décrit à quel point le houx est rebelle à toute intrusion et ce défend férocement : Comme un fort inexpugnable, le vieux houx vert sombre lacère les mains rougies de coups de griffes sans nombre. Mais le trait principal de cet arbre-buisson est de servir de support à une forme de cabale initiatique des premiers temps, le langage des oiseaux. Autour de son tronc, les druides, bardes et ovates réunis poursuivent leur enseignement .

Le houx seul susceptible de défendre hardiment les secrets qui lui sont confié, jeu de mots ésotérique, fondement de la tradition druidique . Apres une éclipse, se savoir si particulier fut remis en vogue grâce aux bardes irlandais Filii. Plus tard, les troubadours occitans usèrent de la même technique pour communiquer leurs connaissance ; c’est ainsi que leurs chants structurés de façon précise, chargé de jeux de mots cabalistique les plus sacrés. Le jeune houx représente l’initié. En fait, les arbres sacrés déterminent la position hiérarchique des druides lors de leurs rencontres. 

Arbre de Taranis, dieux du Tonnerre le Houx est un peu analogue de part ses propriétés à l’Aubépine, ces feuilles (piquantes) conférant une protection physique mais aussi mystique, ce qui vaut pour le bois (contre le mauvais œil et les énergies négatives). Ces vertus lui confèrent un certain usage ésotérique, notamment pour fabriquer des bâtons, baguettes, ou bien martial, en faisant jadis des massues avec (symbole de Taranis par ailleurs). 

Le jeune houx représente l’initié dans TAO des arbres 800px-Ilex-aquifolium_%28Europaeische_Stechpalme-1%29

Les mois du houx s’étend du 8 juillet au 4 août - Sa Rune est Man et son Ogham Tinne.

Depuis la nuit des temps, notamment dans l’Antiquité païenne, le houx est le symbole de la persistance de la vie végétale au cœur de l’hiver. La tradition chrétienne a également accueilli cette symbolique à l’occasion du temps de Noël, fête de la Nativité de Jésus-Christ, vainquant la mort et apportant le salut éternel au genre humain.

Pour les chrétiens, le houx est en effet spécifiquement associé à la naissance de l’Enfant Jésus. Selon un des Évangiles, le roi Hérodechercha à massacrer les nouveau-nés juifs de la bourgade de Bethleem (la vraie, celle qui se trouve en Galilée) pour éliminer celui que les textes prophétiques annonçaient comme le roi des juifs, Marie, Joseph et l’enfant s’enfuirent en Égypte. Selon une légende populaire, à l’approche d’une troupe de soldats, ils se cachèrent dans un buisson de houx, qui, dans un élan miraculeux, étendit ses branches pour dissimuler la Sainte Famille derrière son épais feuillage épineux. Sauvés, Marie bénit le buisson de houx et souhaita qu’il restât toujours vert en souvenir de sa protection et comme symbole d’immortalité.

On le cultivait jadis pour fabriquer des manches d’outils et pour des ouvrages précieux en marqueterie et en lutherie. Son bois souple mais dur et solide était apprécié pour son grain fin, agréable au touché. Son écorce servait à l’élaboration de la glu.

On connaissait alors ses vertus médicinales, la recette du vin de houx et les décoctions de feuilles ou d’écorce, tout en évitant d’utiliser ses fruits rouges empoisonnés. Il pouvait etre béni, comme le buis, il symbolisait l’immortalité, à cause de la verdure persistante de son feuillage. En meme temps, son caractère épineux pouvait etre interprété comme une représentation du diable. Le houx servait alors à fabriquer le baton des sorciers. De toutes ces croyances et usages lointains, seule subsiste aujourd’hui son image festive. Le cliché des feuilles de houx illuminées de pétillantes petites boules rouges orne les cartes de vœux et le papier d’emballage des cadeaux. La maitresse de maison les utilise fraichement coupées pour égayer la table du réveillon ou réaliser la couronne de bienvenue. L’image du houx est aussi bien gravée dans nos traditions et notre mémoire.

L’espèce la plus représentative – ilex acquifolium – pousse spontanément dans nos sous-bois et taillis. Abondant dans certaines régions, le houx n’est cependant pas à l’abri d’une raréfaction dans les zones de ramassage intense, à l’occasion des fetes de fin d’année. La réglementation de ces cueillettes, voire la protection de l’espèce dans certains départements du Midi vise à limiter les abus.

Au jardin, la palette des variétés proposées permet de découvrir d’autres facettes de cet arbuste : feuilles panachées, dorées ou argentées, à marges colorées, avec des épines ou totalement inermes, à fruits rouges, jaunes, blancs ou noirs….

Certaines espèces s’amusent à copier d’autres plantes, tel le houx à feuilles de buis ou à feuilles de chataignier. Le houx compte quelque sept cent espèces botaniques réparties de par le monde. Grace aux recherches et aux études faites à l’arboretum des Prés des Culands à Meung sur Loire (45) – un lieu superbe à visiter qui abrite la collection nationale des ilex – de nouvelles espèces et variétés devraient élargir très prochainement le choix des houx proposés en pépinière.

En isolé, en haie décorative et défensive, en topiaire tel l’if ou le buis, le houx est une valeur sure, peu exigeant sur la qualité du sol. Il suffit de le protéger des situations ventées et fortement ensoleillées. En motte ou en conteneur, la reprise se fait sans difficultés ni précautions particulières.  Les petits fruits rouges (des drupes) qui nous séduisent tant en hiver apparaissent uniquement sur les variétés femelles. Cependant, la présence de houx males est nécessaire dans leur entourage pour assurer la fécondation. Ces derniers ont l’avantage d’offrir en revanche de belles colorations du feuillage. Un mariage à la fois fructueux et élégant.

 

Vous pouvez rejoindre le forum de FRANCESCA « La Vie Devant Soi » : http://devantsoi.forumgratuit.org/

Et vous pourrez y jouer au TAO en vous aidant du site http://livreblogdujeudutao.unblog.fr/

L’Aubépine : Arbre Sacré

 

 

L’Aubépine se fête du 13 mai au 9 juin de chaque année druidique. Il est associé à la lettre oghamique H correspondant à l’Ogham Huath et la rune Thorn

Aubépine

L’aubépine est un arbrisseau épineux(pouvant tout de même atteindre 4 metres) dont les branches recouvertes d’épines diffuse une énergie spirituelle puissante protégeant les lieux sacrés du monde des ténèbres et esprits négatifs. Son aura est habitée par des génies célestes purs qui distribuent aux lieux environnants une pureté et une protection indéfinissables.

L’aubépine traverse les siècles et conserve ainsi durablement la pureté des lieux qu’elle occupe. Si vous possédez de l’aubépine sur votre terrain, dites vous que vous êtes bénis, à l’abri des mauvais sorts, maladies et que vous prospérerez sans peine.

Les fées, attirées par l’odeur de ses fleurs blanches, déposent leurs bienfaits autour d’elle. Les druides pratiquent la cueillette des baies d’aubépines dont la fermentation produit une boisson rafraîchissante. Les fleurs sont utilisées pour traiter les fatigues cardiaques.

L’aubépine est un arbuste épineux bien connu, cousin du rosier et de l’églantier qui pousse en lisière des bosquets, au bord des chemins, le long des rivières ou en bordure des champs, formant des haies infranchissables, à cause de ses épines.

Plante sacré, l’aubépine est un buisson dont la morphologie de la feuille rappelle vaguement celle du chêne, à ceci prêt que ses branchage sont recouvert d’épine, et on la distingue aussi grâce à ses baies rouge. L’arbre fleurit Blanc. Arbre de Protection Mystique, l’Aubépine était présent dans la plupart des sanctuaires, formant une barrière tant physique (de part ses épines) que psychique pour délimiter l’enceinte Sacrée.

Arbre de Protection, c’est aussi un arbre mystique à l’énergie particulièrement élevée où réside bien souvent des entités et esprits de la nature, et notamment les Fées, l’aubépine constitue ainsi une plante d’intérêt pour établir un contact entre les deux mondes. 

On l’utilisait parfois pour faire des couronnes aux prêtresses lors de fêtes particulières pour permettre un contact avec d’autres mondes lors de rituel et ainsi s’attirer la protection !

L’aubépine est donc surnommée « épine blanche, noble épine, épine de mai, pain d’oiseau ou senellier ».
Cet arbuste vivace est très apprécié des sculpteurs et tourneurs sur bois car le bois de son tronc est très dur. 
Le fruit rouge de l’aubépine murit à l’automne, il est comestible, et ses fleurs sont d’un magnifique blanc teinté de rose.

L’aubépine est l’arbre sacré également de l’église catholique car elle constitua la couronne du christ.
Curieusement, l’aubépine est également arbre sacré chez les druides et dans les rituels celtiques liés à la fécondité, notions retrouvées dans la Grèce antique et à Rome…

Sa composition est d’une richesse peu commune : 
Flavonoïdes, alcaloïde, coumarine, tanins, acides aminés, mono et polysaccarides et de nombreux minéraux et vitamines (calcium, potassium, fer, magnésium, zinc, phosphore, vitamine c…)

Ce merveilleux végétal a des propriétés tonicardiaques et régulatrices des troubles du rythme cardiaque.
Il agit également sur la tension et le cholestérol.
L’aubépine est également sédative du système nerveux.

Beaucoup d’études scientifiques ont été réalisées sur l’aubépine et son action cardioprotectrice aussi bien préventive que curative.

L’aubépine est donc bien la meilleure amie de notre cœur. Thorn est sa rune, Huath est l’Oghams qui y est rattaché.

La légende autour de l’aubépine de Glastonbury Thorn est chrétienne. Joseph d’Arimathie aurait planté son bâton sur la colline de Wearyall (Wearyall Hill) où il poussa pour devenir une magnifique aubépine. Cette aubépine est mentionné pour la première fois dans Lyfe of Joseph of Arimathea [la vie anglo-saxone en vers de Joseph d'Arématie] qui date du XVIe siècle. Cette aubépine fleurissait deux fois l’an. Une floraison peu après le solstice d’hiver sur le « vieux bois » et un autre au printemps sur le « jeune bois ». La floraison de l’hiver était considéré comme un miracle.

Glastonbury.—A vast concourse of people attended the noted thorn on Christmas-day, new style; but, to their great disappointment, there was no appearance of its blowing, which made them watch it narrowly the 5th of January, the Christmas-day, old style, when it blowed as usual. [Glastonbury.- Une foule de gens s'attendaient à voir le bouton fameux le jour de Noël, date moderne mais a leur grande déception il n'y avait aucune trace de sa floraison, c'est pour cette raison qu'ils la scrutaient anxieusement le 5 janvier, Noël ancien temps, et là elle fleurissait comme d'habitude.]

 

L’Aubépine : Arbre Sacré dans TAO des arbres

L’arbre fut abattu pendant la Première Révolution anglaise au milieu du XVIIe siècle. Un autre fut planté à sa place en 1951 mais celui-ci fut vandalisé en 2010.

Depuis l’Antiquité, l’aubépine symbolise l’innocence et la pureté virginale. Chez les chrétiens elle est liée à la Vierge Marie.

  • On dit que la foudre ne l’atteint jamais.
  • On dit qu’elle est très liée aux pratiques de sorcellerie du mois de mai. Dans le Nivernais, on fixe dans la nuit du 30 avril, une branche de celle-ci à l’entrée des écuries et des étables, afin d’empêcher les araignées dites sorcières d’y pénétrer.

L’aubépine est donc liée au premier mai ou à la veille du premier mai. Ceci est peut-être dû au nom gaelique (celtique) de l’aubépine qui est « Buisson de Beltaine ».

La branche d’aubépine bien épointée serait souveraine contre les vampires quand elle leur transpercerait le cœur.

Les aubépines tiennent un rôle central dans À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, notamment dans Combray : « Je revenais devant les aubépines comme devant ces chefs-d’œuvre dont on croit qu’on saura mieux les voir quand on a cessé un moment de les regarder, mais j’avais beau me faire un écran de mes mains pour n’avoir qu’elles sous les yeux, le sentiment qu’elles éveillaient en moi restait obscur et vague, cherchant en vain à se dégager, à venir adhérer à leurs fleurs. Elles ne m’aidaient pas à l’éclaircir, et je ne pouvais demander à d’autres fleurs de le satisfaire. »

 

Vous pouvez rejoindre le forum de FRANCESCA « La Vie Devant Soi » : http://devantsoi.forumgratuit.org/

Et vous pourrez y jouer au TAO en vous aidant du site http://livreblogdujeudutao.unblog.fr/

L’Âme de la forêt

L'âme de la forêt

 

Mon œil de botaniste a été tout de suite attiré par la végétation qui s’était établie au pied de cette lanterne, et grande a été ma stupéfaction d’y voir, installés dans la poussière amassée là, outre quelques graminées, un lai­teron et une bourse à pasteur, un saule marceau, un saule blanc et un bouleau. Ces trois arbres n’avaient encore que vingt centimètres de haut, mais c’étaient déjà des arbres et le commence­ment d’une forêt. Ils étaient là comme un signal, et nous avertissaient que si par malheur la capitale était abandonnée, en moins de rien, tous les espaces disponibles seraient occupés par les arbres dont le vent ou les oiseaux auraient apporté les graines.

Car la forêt est à la fois un prélude et un terme. Nos premiers ancêtres, après la dernière glaciation, ont vu, sans doute — les pollens fossiles en font foi — se développer d’abord une forêt analogue à la toundra sibérienne, où dominaient les bouleaux et les saules, comme au boulevard Montparnasse, puis avec le réchauffement progressif, ont pu remonter du sud où ils s’étaient maintenus, les arbres que nous connaissons aujourd’hui et qui constituent nos forêts familières.

Et cette forêt primitive était tellement foison­nante que nos aïeux ont dû se battre contre elles, la défricher, et l’écarter de leurs terres cultivées. Tant qu’ils furent seulement chasseurs et cueilleurs de fruits, la forêt leur était hospitalière. Mais quand au néolithique ils ont su labourer un champ et semer leurs céréales, elle ne fut plus pour eux que la réserve de bois conservée sur les terrains trop pau­vres ou trop inclinés pour pouvoir être cultivés.

On pourrait dire que notre pays actuel est un immense défrichement, où ne subsistent que 25 à 30 % (dans les années 1980) du paysage forestier primitif. Et encore, cette forêt d’aujourd’hui n’a plus rien de commun avec celle qui épouvantait les légionnaires de César quand il conquit la Gaule. Car elle a été sans cesse exploitée sans merci, tant pour le pacage du bétail que pour le chauffage ou pour la fonte des mine­rais. Avec le temps, sa situation était devenue si misérable, et les besoins se faisaient si forts, que Colbert eut l’idée de génie de la réglementer pour la maintenir et en tirer tout le profit désirable sans l’exterminer. Ce n’est qu’avec l’utilisation du char­bon de terre qu’elle put connaître quelque répit.

Pour le promeneur de nos jours, qui ne voit en elle qu’un prétexte à saucissonner le dimanche, elle n’est qu’un décor dont il ne voit jamais les coulis­ses. Elle lui semble immuable, et les poètes la con­sidèrent toujours comme un asile de paix propice à leurs méditations. Quelle erreur grossière ! Une forêt est un drame continu, mais qui se joue sur une échelle de temps qui n’est pas le nôtre. Mais le drame est là, sous nos yeux, et il suffit de les ouvrir pour en saisir les actes successifs et les péripéties.

Quand aujourd’hui un paysan laisse en friche un pré trop en pente pour pouvoir être fauché par des moyens mécaniques, on le voit rapidement se transformer. Il se bossèle de fourmilières, et çà et là apparaissent des ronces, des églantiers, des genièvres, et surtout des épines noires, qui au bout de quelques années forment un tapis continu et impé­nétrable. Mais ce n’est là qu’un stade transitoire. Car à l’ombre de ces ronciers va se former une cou­che d’humus fraîche, dans laquelle germeront les graines d’arbres venues souvent de très loin. Qu’un moineau y recrache un noyau de cerise, et il ger­mera au printemps suivant, et il mettra toute son énergie à percer la couche des arbrisseaux qui lui font obstacle, s’il le peut. Il en ira de même pour d’autres arbres de croissance rapide, saules et bou­leaux — toujours eux ! — trembles, fruitiers divers qui vont dépasser les ronces et peu à peu les étouf­fer, car ces rampantes ont absolument besoin de soleil, et l’ombre d’arbres plus grands les fait périr.

Peu à peu, le sol sera nettoyé par les grands frères et la scène sera prête pour les grands seigneurs qui profiteront d’un sol régénéré pour s’y établir à leur tour. On verra un jour qu’un gland arrivé là par hasard jette une pousse qui sera un jour un chêne, et tout près aussi un jeune hêtre lancera sa jeune flèche à l’assaut de la lumière. Les charmes se mettront de la partie. S’il y a dans le voisinage quelques pins, naturels ou plantés, il serait bien rare que leurs graines volantes n’atterrissent pas dans un point ou un autre, et en montagne ce seront les sapins et les épicéas qui voudront jouer leur rôle, que personne ne pourra leur disputer.

Et quand ces grands seigneurs auront atteint leur taille, ils feront mourir sous eux tous les pre­miers occupants. Dans la course au soleil, leur puis­sance est telle, et ils forment un couvert si épais qu’il n’y a plus de place que pour eux. De là ces hêtraies magnifiques où le sol est nu comme si on l’avait balayé. Les hêtres donnent ce qu’on appelle une ombre absolue, et ils ne supportent aucun rival. Pas même les herbes qui arrivent à subsister sous les chê­nes, dont l’ombre est un peu plus claire.

Et le cycle recommencera. Comme ce cycle peut durer deux ou trois siècles, il est évident que le passant d’un jour ne se doute de rien et ne com­prend rien à cette espèce de civilisation végétale, dont la seule morale semble se résumer dans cette formule vulgaire : « Ôte-toi de là que je m’y mette ».

Mais ce n’est pas tout. Le chercheur de cham­pignons pour la casserole en cueillant des cèpes ou des chanterelles trouve tout naturel de les voir là où ils sont. Il n’imagine pas que leur rôle est déci­sif, et que la présence de ces champignons et de tous les autres est un phénomène nécessaire et fonda­mental. Il y a d’abord tous ceux qui consomment les feuilles mortes et les réduisent en terreau, que ceux-là soient microscopiques — et ce sont les plus nombreux — ou qu’ils atteignent la taille des pieds-bleus ou de divers clitocybes. Sans eux, la couche des feuilles mortes, sans rien pour la consumer, atteindrait bientôt le sommet des arbres et les étoufferait.

Mais les plus intéressants sont ceux qui ont réalisé avec les arbres une symbiose, en enveloppant leurs racines du feutrage léger de leurs mycéliums. Il ne s’agit pas du tout d’un parasitisme, mais d’une association à bénéfices réciproques. En effet, les champignons qui sont dépourvus de chlorophylle sont contraints de trouver des hydrocarbones tout faits dans la nature, puisqu’ils ne peuvent pas les synthétiser. Ce sont les arbres qui les leur fournis­sent par leurs déjections, ou par la cellulose de leurs débris. Mais les arbres de leur côté, sont incapa­bles de fabriquer les nitrites dont ils ont besoin absolument pour vivre, et justement les mycéliums des champignons savent les faire et en font profi­ter leurs hôtes.

 

Quand on est dans le secret, une promenade en forêt devient intelligible. Elle n’est plus seulement une joie pour les yeux, mais aussi un plaisir illimité pour l’esprit. Chaque arbre rencontré, chaque plante, chaque champignon sont des amis qu’on salue au passage, qu’on connaît, qu’on reconnaît, et qui nous disent quelque chose. Ici plus rien n’est dû au hasard, et le spectacle est ordonné comme une tragédie à mille personnages où chacun joue sans faute le rôle qui lui est assigné par la nature de toute éternité. La forêt présente une âme collective, avec ses grandeurs, et aussi ses férocités. La connaître et la comprendre peut bien, semble-t-il, élargir la nôtre, et nous pouvons ainsi pénétrer la nature bien mieux qu’en y jetant un Georges-Beckersimple coup d’œil distrait. On s’aperçoit pour finir que cette Nature, nous en faisons partie, et que dans une forêt, si nous le voulons, nous ne sommes pas des étrangers, mais un peu les frères des arbres que nous rencontrons.

 

par Georges Becker(Revue CoÉvolution. No 15. Hiver 1983-1984)

L’homme des arbres

entretien avec Richard St Barbe Baker

Se battant infatigablement pour la forêt, Richard St Barbe Baker (1889-1982) a voyagé à travers le monde afin de persuader les gouvernements et le public de l’importance des arbres. Il s’est battu pour les séquoias géants de Californie et a planté des arbres au Sahara, dans l’espoir d’arrêter l’avance du désert. En 1979, il s’est rendu en Cornouailles. Edward Goldsmith s’est entretenu avec lui… Mais que de choses ont changé de pire en pire depuis cet entretien…

Goldsmith : Qu’est-ce qui vous a incité à créer « Des Hommes Pour Les Arbres » !

L_Homme_qui_plantait_des_arbres_10Baker : J’avais entendu parler d’une étude écolo­gique entreprise au Sahara, au Nord de la côte occidentale, et j’avais appris que les tribus locales avaient été contraintes, à cause de l’aggravation de la désertification, de se replier sur un petit triangle de terrain, dernier reste de forêt dans la région. Le désert s’étendait derrière eux sur mille kilomètres et aussi de chaque côté sur un millier de kilomè­tres. Les chefs avaient interdit les mariages et les femmes ne voulaient plus d’enfants car la fin de la forêt était proche.

À cette époque j’étais Assistant Conservateur des Forêts au Kenya et j’étais résolu à ce que les Kényans n’aient jamais à souffrir un désastre social et écologique aussi épouvantable. À mes yeux, la solution était de planter des arbres, mais le pro­blème était que le gouvernement ne disposait que de fort peu d’argent pour le reboisement. Je com­pris alors que pour que ce projet réussisse, je devais m’assurer la coopération des indigènes, en parti­culier des Morans, les jeunes guerriers. Mais com­ment s’y prendre ? Il fallait pour cela organiser une danse rituelle. Au Kenya, tout commence par la danse. J’allais donc trouver les anciens et leur dit : « Vous avez une danse pour planter les haricots, une autre pour les moissons, que diriez-vous d’une danse des arbres pour la plantation des arbres ? » « C’est Sharia Mungo. Les arbres, c’est l’affaire de Dieu. Les arbres, ça pousse, c’est tout. » « Oui, dis-je, mais si on détruit tous les arbres parents, les arbres-mères, Mungo n’y arrivera plus. Nous ferons une danse dans trois semaines. J’offrirai un bœuf gras en prix au guerrier qui portera la plus belle parure et un collier de ses perles préférées pour la plus jolie jeune fille. C’est moi qui choisirai le gagnant aidé par un comité composé de douze chefs. »

L’idée leur plut et trois semaines plus tard trois mille personnes assistaient à la première Danse des Arbres. C’est ce jour-là que j’ai fait appel pour recruter des volontaires qui s’engageraient solennellement devant le Dieu le plus puissant à planter un certain nombre d’arbres chaque année et à s’oc­cuper des arbres partout où ils se trouveraient. Ce mouvement prit peu à peu de l’importance, si bien que des tribus au départ méfiantes et hostiles entre elles devinrent amies, car leurs membres faisaient tous partie des Hommes pour les Arbres. Ce nom a vraiment commencé comme une plaisanterie, parce que nous plantions beaucoup d’arbres.

G.: Êtes-vous d’accord sur le fait que la pauvreté du Tiers Monde n’est pas simplement un manque de biens matériels ? Les gens sont pauvres, non pas parce qu’ils n’ont pas de brosses à dent électriques, ils sont pauvres parce qu’ils sont de plus en plus nombreux à vivre sur une terre qui ressemble de plus en plus à la surface de la lune, dévastée par le déboisement et l’érosion du sol ? Êtes-vous d’ac­cord avec cette idée ?

B. : Oui. On peut mesurer la richesse d’un pays, sa vraie richesse, par l’étendue de sa surface boi­sée. Malgré ses parcs merveilleux, la Grande-Bretagne n’est boisée qu’à 6,5 %, alors que la France l’est à 26 %, l’Allemagne à 28 % et la Suède à 57 %. Nous nous trouvons presque au bas de la liste : un pays seulement se trouve dans une situa­tion pire que la nôtre, l’Irlande. Un pays sans arbre est un pays très pauvre. Prenez le Sahara : le désert se développe sur un front de 3000 kilomètres, et sur une profondeur allant parfois jusqu’à cinquante kilomètres en une seule année. C’est une région où la pauvreté devient la condition de vie dominante.

Des gens qui, pendant des générations, ont vécu du produit de la forêt, sont aujourd’hui forcés de reculer devant l’avance du désert et cela parce qu’ils ont abattu les arbres pour faire place à l’agriculture dans l’espoir d’augmenter leurs revenus financiers.

G. : En Afrique, pensez-vous que le développe­ment, au sens occidental de ce terme, soit possible sans entraîner le déboisement et d’autres formes de dégradation pour l’environnement ?

B. : Non.

G. : Pensez-vous qu’on va bientôt comprendre cela ?

B. : Ce sera difficile.

G.: En Angleterre, quel pourcentage de la surface totale faudrait-il, selon vous, reboiser ?

B. : Le minimum serait un tiers de la surface totale pour assurer le bien-être des habitants. Je pense que le pays tout entier devrait être inquiet de ce qui arrive aux ormes et se rappeler que les arbres nous sont indispensables, que l’on a besoin d’un plus grand nombre d’arbres. L’orme a la plus grande surface feuillue de tous les arbres en Angleterre. Si l’on prenait toutes les feuilles d’un grand orme et qu’on les plaçait les unes à côté des autres, elles couvriraient une surface de quatre hectares. Alors bien sûr, le premier arbre à souffrir de la pollution de l’air a été l’orme, et bien évidemment lorsqu’un orme est en condition déficiente, il devient moins résistant aux attaques de la maladie : les insectes vivant dans l’écorce, porteurs du fongus de l’orme, le font succomber.

Ma façon de voir les choses est la suivante : une personne qui mène une vie normale, sans faire d’abus, en ne fumant pas trop, en ne mangeant pas trop, en ne buvant pas trop, mais en vivant de façon normale, en ayant une alimentation saine, sera en forme, en bonne santé. C’est seulement lorsqu’on commence à faire des abus qu’on devient vulnéra­ble aux maladies. Il en va de même pour les arbres.

L’arbre qui sera touché en second lieu (celui qui a la plus grande surface feuillue après l’orme) est sans doute le hêtre, puis le sycomore et ainsi de suite. Enfin viendra le tour de l’homme. Nous avons tendance à oublier que nous devons notre existence à la présence des arbres. Or, en ce qui con­cerne la surface boisée, nous ne nous sommes jamais auparavant trouvés dans une position aussi vulnérable que celle dans laquelle nous sommes aujourd’hui. La seule solution est de planter plus d’arbres, de planter des arbres pour assurer notre sauvegarde.

Le civilisateur est un homme qui plante des arbres. Allons, faites le serment de planter au moins un arbre, un seul dans votre vie.

Georges Duhamel

« Si l’on me donnait un vaste territoire chauve Je planterais tant que le jour est long des arbres. À la fin de ma vie Je serais le père d’une forêt. »

Julos Beaucarne

Mon terroir, c’est les galaxies

G. : Si nous plantions des arbres sur un tiers de la surface de ce pays, il faudrait y consacrer une bonne partie de la terre arable : n’avons-nous pas besoin de cette terre pour nourrir la population ?

B. : Si on veut doubler son stock de nourriture, il faut consacrer vingt-deux pour cent du terrain dont on dispose à la plantation d’arbres, à des ceintures de protection placées de façon judicieuse. En Alberta, les résultats ont prouvé qu’en consacrant 22 % du quart d’une section, soit 60 hectares, aux arbres nous arrivions à doubler le volume des récol­tes. Les arbres créent des microclimats, réduisent la vitesse du vent, élèvent le niveau des eaux et per­mettent aux vers de terre de proliférer. Darwin a dit tout ce qu’il fallait savoir sur les vers, mais il ne nous a pas dit comment les contrôler. Si les pay­sans savaient comment les mettre à leur service, ils pourraient alors doubler leurs récoltes. Ce sont les arbres qui apportent la solution.

lhommequiplantaitdesarbresG. : Je comprends que cela se passe ainsi en Alberta où les vents qui balayent la prairie sont évidemment plus destructeurs, mais a-t-on jamais fait une étude à propos de l’effet que pouvaient avoir les arbres sur les récoltes en Angleterre ?

B. : Si ça marche en Alberta, ça marchera sans doute encore mieux ici.

G. : Quelles sont les techniques dont nous dispo­sons aujourd’hui pour replanter des arbres dans la zone tropicale aride ?

B. : Au cours des vingt dernières années, j’ai acquis une certaine expérience dans ce domaine. L’essentiel est d’obtenir la coopération volontaire des populations indigènes. Au Maroc, nous avons pu employer ainsi près de 80000 personnes, 40000 pour planter des arbres et pour construire des rou­tes à travers les nouvelles forêts. En Algérie, nous avons utilisé ce qu’on appelle le « système de cloi­son » pour replanter. Nous avons créé de petites terrasses tout au long du flanc de la montagne et nous avons planté des arbres fruitiers, abricotiers et figuiers, avec des cultures céréalières entre les ter­rasses lorsque la pente n’était pas trop raide. Là où cela était impossible, nous nous contentions de planter des arbres, tous d’espèces méditerranéen­nes. La première équipe de travail creusait des trous, la deuxième amenait les jeunes arbres, la der­nière procédait à la plantation. Et enfin les camions citernes passaient pour les traiter.

G. : Avec quoi étaient-ils traités ?

B. : Avec des résidus de pétrole provenant des raf­fineries Esso. Cela stabilise les dunes, et fait descendre la chaleur en profondeur dans le sol, ce qui en retour permet à l’eau du sous-sol de monter à la surface et de s’évaporer en laissant le sel dans la terre. Cela équivaut à élever ces arbres en serre avec un système de chauffage. Au bout d’une semaine, on peut voir une pousse de 2 à 3 centimè­tres ; une semaine plus tard elle aura doublé de hau­teur, et au bout de dix-huit mois elle aura atteint cinq mètres.

Nous avons calculé que la rotation qui permet le meilleur rendement pour une plantation d’eucalyp­tus est de six ans ou six ans et demi, tout au plus. Mais un seul arbre de 15 mètres de haut élimine 320 litres d’eau par jour, qui sont réabsorbés par la terre. De cette façon, il se crée un microclimat qui va permettre l’agriculture.

L’effet de l’humus pétrolifère est de distribuer la chaleur en profondeur, ce qui forme un mur de chaleur, qui ensuite repoussera les vents porteurs de pluie venant de la mer à une altitude suffisante pour qu’ils retombent en rosée ou en pluie pendant la nuit.

G. : Si la rotation commerciale idéale pour les eucalyptus est de six ans et demi, quelle serait la meilleure rotation pour les chênes en Grande-Bretagne ?

B. : En ce qui concerne les espèces de petites tailles que l’on trouve dans les haies et qui peuvent pousser très vite pour répondre à des besoins spécifiques, ils seraient prêts au bout de 150 ans environ. Cependant pour obtenir le meilleur rendement d’un chêne, il faut de la hauteur et non pas de l’ampleur. Si on les plante avec des hêtres, on obtient un ren­dement de 5 kg par are avec une rotation sur 320 ans pour les chênes et trois coupes pour les hêtres.

Cela se pratique déjà au Liechtenstein. Les glands sont plantés en lignes à six pieds les uns des autres. Vingt ans plus tard, on trace des allées cou­pant ces lignes à angle droit, en laissant un arbre tous les 6 pieds. Sous les chênes, on plante ensuite des hêtres. Il faut donner une avance de vingt ans aux chênes sinon les hêtres les étoufferaient : le hêtre est en effet un arbre qui fait beaucoup d’om­bre alors que le chêne a besoin de lumière, il faut donc étêter le hêtre au bout de cent ans. C’est une opération très délicate car la face sud-est du tronc du chêne ne doit pas recevoir le soleil du matin : si la sève du chêne gèle au cours d’une nuit froide, un réchauffement rapide briserait les cellules et don­nerait une forme dite « de gelée » qui abîmerait le bois.

La taille est faite par un spécialiste, son assistant et un étudiant. Ils observent d’abord la forme de l’ombre portée au sol et ils font très atten­tion à ne pas laisser pénétrer trop de lumière, autre­ment cela permettrait à l’herbe de pousser et nui­rait à la croissance des arbres. Cette activité se pour­suit d’année en année ; si le spécialiste meurt, son assistant prend la relève et embauche un nouvel étu­diant. Ainsi est assurée une continuité absolue dans l’entretien de la forêt. Alors l’emplacement de l’an­cienne forêt devient terre arable, et les arboricul­teurs vont travailler sur un autre emplacement où la terre a besoin d’être revitalisée.

Je divise la terre arable en sept catégories et la terre pour la forêt également en sept catégories, les trois dernières catégories pour la terre arable recou­vrant les trois premières de la forêt. En plantant d’arbres un terrain de qualité inférieure, on peut l’améliorer et en faire une terre arable. La seule catégorie dont on ne puisse faire une terre arable est une terre qui deviendrait dune de sable si elle était déboisée.

G. : Si on entretient la terre de cette façon, elle devrait en théorie garder ses qualités pour toujours ?

B. : Oui, la sylviculture est un travail qui dure pour toujours.

G. : Quel effet cela a-t-il de planter des pins géné­ration après génération ? Cela conduit-il une détérioration du sol ?images

B. : De toute évidence. Les radicelles du pin sont équipées d’une petite enveloppe acide qui permet à la racine de prendre prise sur le rocher. Sil y a lutte entre les racines de deux pins, l’acide tue les racines de l’un d’entre eux et une nappe d’acide va rester dans le sol. Si on est assez imprudent pour faire une deuxième plantation de pins, les racines ne descendront qu’aux deux tiers de la profondeur normale, car l’acide les tiendra à distance. Si on est assez fou pour faire une troisième plantation dans le même sol, les racines ne pénétreront qu’à une dizaine de centimètres environ. Les arbres seront renversés par la première tempête.

G. : Pouvez-vous nous parler des déchets laissés par ces conifères ?

B. : Ils sont acides. Rien d’autre ne poussera, et ils ne constituent pas non plus un habitat adéquat pour les animaux.

G.: Pensez-vous que le gros équipement utilisé de nos jours pour l’entretien de la forêt soit néfaste pour le sol ?

B. : Les machines très lourdes ont tendance à for­mer une couche dure dans le sol. Ceci s’est déjà produit dans les forêts de séquoias géants de Califor­nie, où l’on se sert d’énormes machines pour abat­tre les arbres. Le moteur fait vibrer le sol et une couche plus dure se forme à environ 25 centimè­tres en profondeur. Je ne pense pas que les racines des jeunes séquoias puissent la pénétrer, ils auront donc probablement une vie très courte, de 20 à 40 ans au lieu de 2000 ans.

G. : N’est-il pas courant dans les pratiques moder­nes de déblayer complètement un site après avoir abattu les arbres, c’est-à-dire d’enlever toute végé­tation ? Cela présente-t-il quelque danger ?

B. : Selon moi, on ne devrait jamais abattre tous les arbres à la fois. Cela devrait se faire en sélectionnant les plus beaux troncs, ou les arbres parve­nus à leur maturité, ou encore par une méthode de sélection de groupe, où un ensemble d’arbres serait abattu, ce qui permettrait aux autres de régénérer le terrain. Replanter devrait survenir en dernier recours. De bonnes techniques, une bonne sylvicul­ture permettent une régénération naturelle, et on ne replante qu’en cas d’urgence, ou sur un terrain vierge.

G. : Vous avez joué un rôle considérable dans la lutte pour la sauvegarde des séquoias géants de Cali­fornie, n’est-ce pas ?

B. : Effectivement. J’ai vu ces arbres pour la pre­mière fois en 1930. On parlait à cette époque de conserver certains arbres à la mémoire de grands hommes américains ou pour commémorer une cause. Pour ma part, je voulais établir un micro-climat qui permettrait à ces arbres de survivre, et je pensais que nous avions besoin au minimum de 3500 hectares, d’un seul tenant afin de mener cette tâche à bien.

Ces séquoias jouent un rôle écologique vital. Ils filtrent les brumes côtières, par un processus appelé « précipitation horizontale ». Un grand séquoia éli­mine en moyenne environ 2000 litres par jour : quand les brumes venues de la mer passent au-dessus de la forêt, elles se heurtent à ce mur, à cette humidité qui vient des arbres et il se met à pleu­voir. Sans les séquoias, les brumes continueraient leur chemin pour aller se dissiper dans le désert.

Je me mis au travail pour obtenir une parcelle d’environ 4500 hectares. Il me fallut neuf ans pour éveiller un intérêt suffisant et obtenir les fonds nécessaires pour racheter la forêt des mains des mains des concessionnaires. Mais en 1939, les gens se réveillèrent enfin. Pour chaque dollar que nous réussissions à obtenir, l’État de Californie nous versait un dollar, et finalement les Hommes pour les Arbres purent faire don de 4500 hectares qui devaient devenir parc national.

« Quand on a vu un séquoia, on les a tous vus » avait dit Ronald Reagan, alors gouverneur de Californie, aux défen­seurs des forêts de séquoias de la côte nord de l’État. Grâce à l’action de St Barbe Baker et d’autres, une partie de leur habitat fut finalement transformée en parc national et ainsi préservée.

 

Richard St Barbe Baker

Richard St Barbe Baker

G.: Une dernière question : pensez-vous que les gens soient plus réceptifs qu’auparavant au message que vous ne cessez de répéter depuis 70 ans ?

B.: Tout à fait. Les jeunes aujourd’hui sont très concernés par les arbres et l’avenir de l’humanité. Ils ressentent profondément ces choses – et cela me donne beaucoup d’espoir.

Traduit par Matie Montagutelli

(Revue CoÉvolution. No 15. Hiver 1983-1984)

 

Nous sommes des arbres

 

nous sommes des arbresDes arbres qui marchent, c’est à dire, des liens énergétiques entre le ciel et la terre.  L’enfant ne le sait pas : il le vit… il se nourrit sans arrêt de cette énergie qui monte en lui, de la terre vers le ciel et de cette énergie qui descend par lui, du ciel vers la terre. Il s’en nourrit jusqu’à ce qu’il soit confronté à ses premières contrariétés et là, peu à peu, il va fermer ces chemins. Pourquoi ? Parce que personne ne lui a dit comment les rouvrir, tout simplement. Et nous voyons partout des luttes sans fin pour acquérir de l’énergie, généralement en se nourrissant des autres.

On trouve cette technique dans pratiquement toutes les traditions avec quelques variantes, la voici :
Debout, les pieds au niveau des hanches, bien campés sur le sol, les mains le long du corps. Ressentez votre présence là où vous êtes, soit sur la Terre Sacrée, soit en haut d’un immeuble. 
Fermez les yeux et visualisez des racines qui plongent dans la terre (n’ayez crainte elles traverseront les étages). Une fois que vous les sentez, ouvrez en vous une colonne ascendante et à chaque inspiration, faites monter l’énergie de la Terre au travers de cette colonne, au-delà de vous, vers le ciel.

Cette colonne ascendante maintenant en mouvement, visualisez des branches partant de votre tête, de vos épaules montant vers le Ciel. Visualisez une autre colonne descendante, à côté de l’autre et à chaque expiration, faites-y descendre l’énergie vers la terre. L’énergie de la Terre va vers le Ciel, l’énergie du Ciel va vers la Terre, vous devenez un canal entre les deux et faites alors partie intégrante de l’univers. Pendant ce temps-là, tout votre être s’emplit d’une énergie (gratuite) laquelle va irradier bien au-delà  de ces deux colonnes. 

Si vous faites cela tous les jours, puis à chaque fois que vous y pensez, la connexion se mettra en place de plus en plus rapidement. Vous pourrez le pratiquer assis, allongés, dans le bus ou le métro. Une personne vous agresse au travail ? Elle est en manque d’énergie. Ouvrez une porte au niveau du plexus et envoyez-lui de cette énergie-là au lieu de vous faire prendre la vôtre. Et se rappeler qu’à chaque contrariété, nous coupons le flux jusqu’à ce que ce rituel entre dans notre vie.

Alors que nos sociétés occidentales sont engluées dans les culpabilités, que nous avons tous appris à nous culpabiliser d’un rien et que nous culpabilisons facilement les autres… il est une technique que je trouve pratique : Constater… nous nous trouvons dans une situation qui éveille notre culpabilité ? Constatons la situation… juste constatons-là. Nous nous mettons facilement en colère ? Lorsque la colère pointe, ou qu’elle s’est exprimée, au lieu de le regretter simplement, constatons-le… etc. constater bloque le jugement et nous permet de comprendre nos schémas. Comprendre est la première porte ouverte à nos solutions. Nos solutions, car selon nos tempéraments, nous n’avons pas forcément les mêmes avancées vers nos solutions.

Un des outils chamaniques permet d’atteindre les racines de nos blocages, lesquels se manifestent par des « systèmes » de défense inconscients et perturbants.  Cet outil s’appelle le Recouvrement d’Ames. (Les chamanes partent du principe qu’à la plupart des chocs de notre vie, on laisse des bouts d’âme. Ces chocs remontent parfois très loin et il est essentiel de récupérer nos bouts d’âmes afin de redevenir complet, afin de récupérer l’énergie d’avant les chocs).
Dès que l’on appréhende les processus qui nous lient depuis le début de notre histoire, nous pouvons partir en quête de cette personne spéciale que nous sommes, celle qui s’est cachée à l’arrière des influences de notre entourage, proche, lointain et de notre milieu social. Commencer à saisir ce que nous sommes nous demande de partir de ce que nous percevons de nous même dans l’ici et maintenant, d’accepter ce que nous considérons comme le pire tout autant que le meilleur. Deux volets nécessaires à nos avancées.

Extrait de Chamanisme, Constats, Intention et Autonomie par Olga Brix

Le totémisme se rattache au culte de l’arbre sacré

 

culte des arbresLes druides traitaient certaines maladies par transfert magique sur l’âme de l’arbre.

Thérapeutique et télépathie allaient de pair. On pouvait aussi, grâce aux énergies considérables que l’arbre puisait par ses racines et acheminait jusqu’à ses plus hautes feuil­les, communiquer à grandes distances, « envoyer des mes­sages sur le vent ». Cela se pratique encore aujourd’hui dans certaines cultures ; de nombreux récits, pittoresques et quotidiens, en font foi : les gens du village parlent cou­ramment aux arbres pour faire savoir chez eux qu’ils ren­treront plus tard que prévu ou qu’un parent doit passer. « Si le chaman sait se lier à un double végétal, conclut Mario, c’est parce qu’il a appris à participer au psychisme de la terre d’où l’arbre est issu. Il en va de même avec le minéral. Lorsqu’on connaît l’essence des choses et des êtres, que l’on connaît aussi les entités qui les dirigent, il est possible d’agir sur eux, et même de s’investir de leurs pou­voirs. C’est ce que fait le chaman, la plupart du temps à des fins humanitaires. »

Outre ces pratiques, le chaman savait capter les fluides telluriques, bienfaisants ou destructeurs, selon l’usage au­quel il les destinait. Il en chargeait d’énergies guérisseuses ou maléficiantes les poupées d’envoûtement ou les petites vierges noires qui apparaissent chez nous dès l’homme de Chancelade. Il savait aussi utiliser ces énergies pour attirer sur ses victimes l’égrégore noir qui provoquait la maladie pourrissante, courant de forces dévitalisantes, que nous re­trouverons dans le chapitre suivant, identifié par notre époque sous le nom de vert négatif, vibration de l’anti­énergie universelle.

C’est dire si sont dangereuses, multiples et puissantes ces forces telluriques dont nous avions pratiquement oublié l’existence. Énergies doubles. Sources de vie et sources de mort.

Aux uns les perceptions accrues, les visions éblouissantes, les pouvoirs. Aux autres, les mauvais fluides, les larves, la maladie, la folie, tous maux devant lesquels la médecine classique se trouve d’autant plus inopérante qu’elle en nie la cause ; ils relèvent selon elle de la simple psychiatrie : Il y faut, pour s’en défaire le bain de foules, le plein soleil, moyens magiques, surnaturels.

Extrait de : Être sorcier, c’est une façon de regarder le monde.de

Mario Mercier

1...34567...17

Des petits sous, toujours d... |
Collectif ICI Ensemble |
Vivrecolo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Demediatisation
| Quality blog
| Conseilfemmes