Archives pour la catégorie TAO et le Maître

LA BIODIVERSITE EN PERIL

 

 

Saviez vous que le choix des variétés de légumes s’est considérablement réduit, au détriment des variétés anciennes, condamnées à disparaître ?

 

Des milliers de variétés de pommes de terre connues en Europe, des centaines cultivées autrefois en France, quelques dizaines offertes aujourd’hui sur les marchés, moins de dix dans la grande distribution. Même chose pour les tomates, les carottes, les haricots ou les fraises. Pourquoi une telle perte dans la diversité des goûts ? De la faute des consommateurs, qui ne sauraient plus reconnaître les différences et la multiplicité des usages ? Certes l’achat en grande surface, qui offre toute l’année, la même tomate, au même calibre, de la même couleur, avec la même absence de goût et de qualité nutritive, a fait perdre au  » client  » l’art de choisir ce qu’il aime et comment il peut l’accommoder. En effet la pomme de terre  » King Edward « , la reine de la purée, sera trop farineuse pour une salade, alors que la  » Corne de Gatte  » en rondelles fera les délices des entrées automnales.

 biodiversité en péril

Pourquoi a-t-on fait disparaître les variétés paysannes ?

C’est la conjugaison de plusieurs facteurs, mais tous avaient le m^me but : accroître la productivité et la rentabilité de la filière agroalimentaire. Les supermarchés (grandes et moyennes surfaces) dépendent de trois ou quatre centrales d’achat, qui commandent aux coopératives des grosses quantités du même produit : chaque maraîcher- adhérent ne peut produire que ce qu’on lui commandera ; d’où restriction de la diversité de l’offre pour répondre à ce commerce hyper centralisé.

Mais aussi il faudra produire rapidement, le plus longtemps possible, un produit identique et évidemment au moindre coût. Oubliés les aléas du terrain, du climat, l’habileté du maraîcher, il faut des légumes capables d’être cultivés partout, en tout temps. On crée donc des variétés pour cela, mais comme il n’existera jamais un végétal capable de s’extraire des influences pédoclimatiques, alors on le cultivera dans un milieu artificiel à force d’engrais, de traitements et d’énergie fossile. Les variétés modernes devront donc être adaptées à l’agriculture industrielle. Les variétés de pays – il existe une multitude de pays -, sont inadaptable à cette agriculture dénaturée et devront donc disparaître. Pour accélérer ce processus, on met en place une réglementation qui favorise les unes au détriment des autres.

 

Le catalogue officiel des variétés cultivées

La première étape consistera à éliminer les variétés de terroir, rustiques, économes, mais réservées à une vente de proximité, en circuit court. Le catalogue officiel apparaît dans les années 50, dans un souci à l’époque, légitime. En effet, beaucoup de variétés portaient dans des régions différentes, des noms différents (synonymie) alors qu’au contraire des variétés différentes (ou proches) portaient le même nom (homonymie). Il fallait classifier tout cela, pour faciliter la circulation des semences entre les différents régions, car auparavant, avec les hommes, les graines circulaient peu et lentement, uniquement par l’échange de proximité, sauf quelques catalogues de semenciers. Il devint nécessaire de donner une garantie d’authenticité à un utilisateur lointain. Cela fut la fonction initiale du Catalogue Officiel. Mais rapidement les gestionnaires de cette liste de variétés connues tentèrent de mettre  » bon ordre  » dans cette profusion végétale. Les premières listes, par espèces, éliminèrent d’abord les variétés à très faible diffusion, mal connues, mal décrites : la moitié des variétés cultivées en France devinrent alors illégales. Le reste fut placé comme  » variétés du domaine public « , prises en charge par l’Etat. Mais la reprise en main continua, vendre une variété du domaine public rapporte peu, car soumise à la libre concurrence alors que les variétés d’obtention sont plus avantageuses aux semenciers. Le catalogue éliminera donc toute variété du domaine public dont aucun mainteneur (les semenciers) n’assurera la multiplication.

L’Etat brade ainsi le patrimoine public : En 40 ans, 90% des variétés classés du domaine public ont disparu du Catalogue Officiel. De plus, les gestionnaires du Catalogue (les grands semenciers et ceux qui travaillent pour eux) ont introduit à coté de la description (appelée  » distinction « ) des critères d’homogénéité et de stabilité. Fini donc les variétés populations qui comportaient, à l’intérieur d’une dénomination, une variabilité qui permettait l’adaptation aux variations climatiques et aux déplacements.

Homogène et stable, cela signifie figé dans le temps et l’espace, mais aussi lié à une méthode de culture, le plus souvent faisant appel aux béquilles chimiques. Les variétés nouvellement inscrites aux catalogues deviennent de moins en moins rustiques et leur faiblesse rend hypothétique la reproduction de leurs semences par les maraîchers et les jardiniers. Peu durables dans le temps, il faut sans cesse les renouveler, donc acheter de nouvelles variétés au seul profit du semencier qui vend toujours plus cher ses nouvelles obtentions. Au contraire, les anciennes variétés, dont la conservation de la qualité de la semence était un critère de sélection, permettent de les réutiliser sur des temps longs, même si parfois il faut les régénérer en les cultivant dans d’autres conditions 
(en altitude par exemple).

 thé

Les soi disants  » hybrides F1 « 

Comme il est difficile de contrôler la reproduction des êtres vivants, et qu’un jardinier peut toujours avoir l’idée de faire ses propres semences, les industriels de la semence et leurs chercheurs ont créé les hybrides F1. On a toujours inventé de nouvelles variétés, appelées abusivement  » hybrides  » car un véritable hybride botanique est le croisement entre deux espèces. Par exemple, en croisant deux variétés de carottes, l’une jaune de bon goût, l’autre rouge tardive, pour parvenir à stabiliser les critères rouge, de bon goût et tardive, il fallait plusieurs générations de sélection. Aujourd’hui, grâce aux biotechnologies, on fabrique en grande quantité, par des fécondations dirigées, des semences de première génération qui possèdent les qualités attendues (réelles ou inutiles !).

Mais si le paysan économe veut refaire sa semence après récolte, alors là, impossible avec les F1 ; car à la seconde génération il diluera dans les descendants les gènes de leurs qualités supposées. Pas de réutilisation de semence possible, monopole de la transmission des gènes par le semencier, à qui l’on devra chaque année, racheter des graines au prix fort. Consituant ainsi un marché captif et obligatoire ( par l’inscription au Catalogue).

Ces vingt dernières années, sur le Catalogue Officiel, on est passé de 20% d’hybrides F1 à 80% et, pour certaines espèces, à 100%. Il n’y a plus le choix, agriculteur bio ou pas, il faut acheter les variétés adaptées à l’agro-industrie.

 

Alors que faire ?

La sélection, la conservation et la diffusion des graines, tubercules et plants, étaient des pratiques traditionnelles indispensables à la vie paysanne et à l’autonomie alimentaire. Aujourd’hui nous sommes confrontés à la perte de ces savoir-faire et au désengagement de l’Etat dans la sauvegarde et le maintien du patrimoine génétique. Nous devons nous réapproprier ces connaissances et usages pour conserver, multiplier et consommer librement ces plantes qu que l’industrie agroalimentaire élimine.

Heureusement, une poignée de semenciers (biologiques pour la plupart) et quelques jardiniers passionnés ont conservé ce patrimoine vivant. Cette action d’inventaire de ce qui est à sauver doit être prises en charge par la collectivité publique car ce bien inaliénable doit rester un patrimoine collectif des communautés paysannes.

Ces variétés du domaine public doivent être l’objet de programme de sauvegarde régionaux en lien avec les communautés rurales qui les cultivent ou les ont cultivées. L’action de sauvegarde, inscrite dans la directive européenne 98/95/CE sur les variétés de conservation, doit être relayée au niveau local par des aides à la maintenance pour la diffusion des variétés de terroir ( maintenance assurée par des semenciers, des groupements de paysans ou de jardiniers). La diffusion de ces variétés décrites et inscrites gratuitement sur des listes régionales doit être libre ainsi que leur commercialisation à condition de respecter des règles sanitaires et d’authenticité adaptées à ce type de variété (variété – population, ni homogène ni stable, pour une agriculture à faible intrant). L’échange de don, l’expérimentation restant libres , seul le commerce sera soumis à cette réglementation assouplie. Il est temps que la loi évolue pour permettre aux agriculteurs de continuer leur travail d’adaptation et d’amélioration.

 ruud-van-empel-oeuvre

Il est urgent d’assouplir la réglementation

Il est temps que la recherche scientifique reconnaisse la valeur du travail traditionnel des communautés paysannes, réintroduisant ces variétés anciennes dans les programmes d’évaluation et de sélection ; et qu’elle le fasse en collaboration avec les paysans qui les cultivent. Mais il faudra surtout reconnaître que pour une agriculture nourricière et économe, il faut des variétés adaptées aux conditions pédoclimatiques locales.

Donc, qu’il y a nécessité à une plus grande diversité dans les champs et les assiettes. Le catalogue officiel est fait pour les variétés industrielles. A coté de lui, une autre liste, avec une procédure d’inscription simplifiée et gratuite, soumise à d’autres critères pour une production paysanne, artisanale ou jardinière doit être ouverte. Mais avec des moyens publics pour assurer la conservation, la maintenance et la diffusion de ce patrimoine commun.

En plus de cela, le travail de sélection dans les champs doit être reconnu et faciliter par le libre-échange des semences, sans réglementation, si ce n’est le respect des règles sanitaires et le non-commerce. Le droit de faire sa semence doit être étendu de l’individu à la communauté rurale car un paysan, un jardinier peut être dans ce cas fournisseur d’un groupe et rémunéré par lui à ce titre.

Comme toujours, les réglementations orientent vers l’uniformisation de l’offre, la restreignant à ce que propose les lobbies et les puissants Des variétés d’obtenteur, nous sommes passés à aux  » hybrides F1  » des labos de recherche pour arriver maintenant aux OGM réalisés par quelques firmes internationales. Si nous ne voulons pas connaître une agriculture où il ne subsisterait que 3 ou 4 variétés par espèces, détenues par les monopoles de l’agrochimie, il nous faut obtenir rapidement une modification en profondeur de la réglementation français et européenne qui interdit la biodiversité dans les fermes et les jardins.

 

Christian Sunt

Président de l’association  » fruits oubliés « , 
Vice-président du réseau Semences paysannes

Travail avec l’enfant intérieur et Constellations familiales

Nico Anugraha Breglia est une thérapeute formée en Constellations Familiales auprès du Centro Studi Bert Hellinger et en Déconditionnement de l’enfance à l’école de Thérapie Primal Twice Born créée par Premartha et Svarup. Elle pratique la méditation depuis 1993.
Née à Milan, elle vit à Aix en Provence et anime des groupes dans toute la France et donne également des séances individuelles (dont une série de 10 séances pour le déconditionnement de l’enfance) sur Aix en Provence. Nous l’avons rencontré pour lui poser quelques questions sur son formidable travail sur l’enfant intérieur et la famille.

Est-ce que cet enfant intérieur dont vous parlez existe chez tous les adultes ? 

Bien évidemment, tout adulte a en lui un enfant intérieur mais je crois avoir répondu à cela dans l’interview précédente ! (voir l’autre interview ici : www.meditationfrance.com/archive/2015/0500.htm)

1 

Est-ce que cela vous arrive à vous de parler avec votre enfant intérieur ? Et quelle est la relation entre l’enfant intérieur et notre ego ?

Une fois que nous sommes habitués à reconnaître et ressentir réellement en nous cette dimension de notre enfant intérieur nous pouvons dialoguer avec lui ou elle en tout moment.

Il est parfois étonnant de découvrir que cette partie de nous-même peut avoir des points de vue, des opinions, un regard, des désirs et des besoins très différents des nôtres.
C’est précisément à travers ce dialogue que nous pouvons accéder aisément à une profonde connaissance de nous-même.

Parfois nous nous retrouvons en conflit avec nous-même. Une partie de nous voudrait certaines directions dans la vie, alors qu’une autre s’en sent profondément insatisfaite.
Dans ce cas le dialogue avec notre enfant intérieur peut nous emmener à comprendre l’origine du conflit et apporter de façon aimante les réponses. Ces réponses sont importantes car elles sont comprises de façon expérientielle et non mentale, donc elles peuvent complètement être intégrées dans notre être.

Notre enfant intérieur porte inconsciemment les mémoires de blessures émotionnelles.
Il est peut être devenu un petit être triste qui ne croit plus trop dans les adultes.
Il a alors appris des comportements qui l’ont fait sentir accepté et reconnu.

Il pourra avoir peur dans certaines situations ou en aimera d’autres qui le font se sentir à l’aise.

Toutes ces « réactions » correspondent au conditionnement que cet enfant a reçu.
A travers ces différents aspects du conditionnement nous avons appris des comportements qui ensuite sont devenus des masques.
Comme un enfant qui joue se glisse facilement dans la peau d’un pompier, ou d’une reine, l’enfant blessé peut avoir décidé de devenir un grand rebelle, une victime triste et pleurnicheuse, une grande personnalité, un courageux voyageur et mille autre rôles, pour obtenir ce regard d’amour dont nous tous avons besoin.

Ce conditionnement, ces masques, ces rôles composent notre personnalité, qui dans la tradition bouddhiste, se nomme ego. Par erreur, nous nous identifions à cette personnalité. L’alternative à l’identification à cette fausse identité est découvrir notre nature fondamentale, libre de toute identification. Puisque la structure profonde de l’ego est éminemment émotionnelle, il est parfois très difficile de découvrir lorsque nous agissons mus par lui, ou lorsque nous agissons libres de ses intérêts.

Lorsque nous pratiquons la méditation nous arrivons à faire l’expérience d’une conscience qui est consciente de soi, sans être identifiée à une histoire, un corps, des passions ou des pensées. Profondément aimante et clairvoyante cette conscience qui réside en chacun de nous n’attend que d’être découverte, comprise.

Or, dans le travail sur l’enfant intérieur il n’est pas rare, même pour une personne qui n’a jamais médité, de faire l’expérience répétée de ces identifications. A un moment on peut être la petite fille abandonnée de maman, et de suite après une autre, comme si on constellait et se libérait d’une robe devenue trop lourde. A force de voir que toutes ces souffrances, peines, responsabilités, engagements, viennent d’une compréhension erronée de l’état illusoire des rôles, on commence à pressentir qu’ il y a tout de même un espace à l’intérieur de nous où nous sommes sereins, en paix, présents, vigilants, et pourtant non identifiés à tous ces drames qui nous agitent en surface.

 2

Vous proposez notamment un processus de 10 séances individuelles de déconditionnement de l’enfance sur Aix en Provence toute l’année ? Pouvez-vous nous expliquer ce dont il s’agit ? 

Le processus des séances sur l’enfant intérieur, est un travail très structuré et il amène les personnes à comprendre à travers des étapes différentes comment le conditionnement s’est fait et par cette compréhension, comment s’en détacher.

Il rassemble parfois à un parcours de détoxification, car nous allons graduellement en utilisant des techniques très différentes, nous libérer des pensées toxiques, des comportements encombrants, des attitudes destructrices qui sapent notre joie de vivre, notre capacité à nous libérer.

De ce fait, il est un outil important pour quelqu’un qu’il soit un pratiquant du dharma et qu’il ait besoin d’une aide pour mieux se comprendre.

A qui s’adressent les constellations familiales que vous proposez en France et à l’étranger (Italie, Inde, Argentine…) ?

Les personnes viennent dans mon lieu de travail à Aix en Provence et commencent à leur rythme ce processus de sessions. Parfois on peut venir et enchainer tout le processus des 10 sessions en 10 jours. Parfois ils viennent sur quelques weekends, parfois c’est une séance par mois ou par semaine.

Ce travail graduel est réellement construit autour de la personne. C’est un dialogue entre la personne qui traverse ce processus de déconditionnement et moi qui l’aide à se connecter profondément pour retrouver l’ancienne origine de certains postulats qui nous habitent. Ces postulats, ces pensées sont celles avec qui – comme avait dit le Bouddha-, nous créons le monde. Lorsque nous transformons nos affirmations et nos croyances, nous commençons à transformer notre vie. C’est émouvant parfois de voir une personne, même après la première session, commencer à comprendre complètement une relation, une conviction.

Les personnes qui désirent faire ce travail ont parfois des schémas de souffrances qui se répètent et désirent enfin s’en libérer. Parfois ce sont des relations douloureuses.
Parfois ce sont des questionnements concernant des choix de vie qui soulèvent des doutes.

Avec ce travail sur l’enfant intérieur j’aide la personne à se comprendre, à se connecter. Et avec cette compréhension et connexion, la guérison peut se faire.

3 

En quoi les Constellations Familiales aident au cheminement spirituel et à la recherche du bonheur ? Est-ce que c’est un travail qui permet d’accepter notre environnement ou historique familial et de nous libérer de certains poids ? 

C’est aussi une chance extraordinaire de pouvoir partager ces compréhensions dans différents pays, dans différentes cultures. Je fais ce travail parce que je suis passionnée par la recherche de notre dimension absolue. Et dans mon parcours j’ai observé que souvent, même lorsqu’ on est depuis longtemps dans un chemin spirituel, on peut avoir besoin de certains outils pour se connaître. Abandonner l’ego en le méprisant, comme on fait parfois sur certains chemins spirituels, sans avoir compris pourquoi il s’est déformé, peut ne pas être la meilleure solution. En occident nous ne connaissons pas ce que c’est un amour inconditionnel et de ce fait, nous avons appris à ne pas nous aimer (encore une identification !.)

L’amour est souvent en échange de quelque chose. Cela nous dévie, nous déforme.
Savoir abandonner les ruses de l’ego quand nous savons profondément nous aimer c’est formidable. Nous nous sommes compris, nous nous sommes acceptés, connus, et de là nous pouvons passer à quelque chose de plus vaste et profond. Mais si je ne me suis pas compris, si je n’ai pas connaissance de mes raisons profondes, ignorer l’ego parce qu’il n’est pas ma nature absolue et réelle, risque de redevenir une autre manière de me détester, de me juger, de me séparer.

Il est certain que, à partir du moment où nous arrêtons de lutter, nous commençons à trouver la paix à l’intérieur de nous, ayant compris et entendu toutes nos différentes parties, alors une paix durable s’élève. Nous cessons la guerre intérieure. Pacifiés, comme S.S. Le Dalaï Lama dit, nous pouvons enfin porter la paix en dehors de nous.

Je trouve par expérience, qu’il n’y a pas manière plus efficace de pacifier notre historique familial que lorsque nous le comprenons. Lorsque nous sommes en mesure de comprendre l’agissement de telle famille, de tel ou tel membre, une réelle acceptation de ce qui est-(comme dit Bert Hellinger) s’élève et la guérison peut s’accomplir.
Le sens de culpabilité, par exemple, dans les constellations familiales, nous le démasquons très vite comme étant une ruse de l’ego pour encore ne pas assumer ses responsabilités. Nous invoquons l’émotion de la culpabilité et ainsi nous nous soustrayons à l’obligation de reconnaître que nous en étions responsables. Et pourtant, quand nous le faisons en toute simplicité et honnêteté, sans invoquer des excuses, nous pouvons enfin grandir, nous pouvons enfin devenir « Grands », dans le vrai sens spirituel sens du terme.

Site web: www.constellationsfamiliales.fr
avec Nico Anugraha Breglia

La danse du masculin et du féminin dans l’intimité sacrée

 

Au départ, le concept d’intimité sacrée ne parle pas vraiment aux hommes qui souhaitent améliorer leur sexualité en participant au travail que je propose, soit au sein des stages pour couples, soit au sein des stages pour les hommes. Ce n’est pas les arguments qu’ils avancent lorsque nous parlons du pourquoi de leur démarche. Ils aimeraient surtout mieux comprendre leur partenaire pour qu’elle puisse avoir plus de désir pour eux et la rencontrer plus souvent. Ce sont majoritairement les femmes qui ont ce désir et qui initie la démarche d’une sexualité différente.

Les hommes se posent des questions très pragmatiques telles que :

Comment me sentir confiant dans la sexualité sans être pour autant dans la performance, et comment lâcher le mental ?

Comment combler ma partenaire ?

Comment m’y prendre avec ma partenaire quand hier elle était d’accord et aimait ma manière de faire et qu’aujourd’hui ça ne la branche plus ? Je ne sais pas ce qu’elle attend, il y a toujours quelque chose qui ne va pas pourtant je fais des efforts mais ça ne marche pas.

Je me sens bloqué parce que je ne sais pas comment m’y prendre pour aborder ma partenaire quand j’ai envie d’elle, sans la faire fuir ou qu’elle refuse la rencontre par manque d’envie. C’est souvent moi qui ai envie mais j’ai peur de me faire remballer et du coup je perds mes moyens.

Je ne comprends pas pourquoi elle me reproche de ne pas être présent dans la rencontre alors que je fais tout pour essayer de la satisfaire ?

Comment contrôler l’éjaculation pour faire durer la rencontre sans être dans la performance ?

Je me sens frustré dans la sexualité et je suis abonné à la pornographie mais ça ne me satisfait pas pour autant, et en plus, ça ne branche pas ma partenaire.

C’est parce qu’ils se sentent perdus, bloqués ou impuissants à satisfaire leur partenaire qu’ils acceptent de faire une démarche, tout en espérant qu’ils auront des outils à mettre en pratique rapidement et que le problème sera réglé. Même si la démarche ne leur parle pas trop parce qu’ils n’ont jamais expérimenté l’introspection, ou peu, ils veulent bien essayer de s’y prendre autrement. Mais c’est d’abord plus par curiosité qu’ils viennent au stage et parce que leur partenaire le leur demande, que pour explorer leur for intérieur.

Si les femmes se sentent relativement à l’aise avec leur monde intérieur, pour les hommes ce n’est pas forcément naturel car ce n’est pas leur monde. Tout en eux les pousse à l’extérieur et ils doivent donc explorer un domaine dans lequel ils ne sentent pas tous forcément à l’aise.

 3

La quête du masculin va permettre à l’homme d’investir son énergie masculine avec une nouvelle conscience. L’homme a besoin de proximité sexuelle pour s’ouvrir à son ressenti, pour sentir l’amour qu’il a pour sa partenaire, pour revenir dans son corps mais sa manière d’investir ce besoin le pousse encore à l’extérieur de lui car l’excitation sexuelle le piège dans les mêmes automatismes.

L’excitation est bienvenue car c’est le point de départ de l’activité sexuelle, elle alimente le désir, mais elle a besoin d’être canalisée d’une manière correcte sinon elle entraine l’homme (aussi bien que la femme d’ailleurs) dans les mêmes ornières parce qu’elle prend le dessus et ne sert plus vraiment l’amour, elle sert la recherche de satisfaction, ce qui n’est pas tout à fait la même cible. Même si elle soutient le désir sexuel, elle crée une forme d’agitation, elle alimente bien souvent le mental et un but à atteindre pour satisfaire la décharge orgastique, la recherche d’un plaisir conditionné par des mécanismes automatiques et quasiment toujours vécus sur le même mode. Ces automatismes servent tout d’abord la reproduction et deviennent routiniers et peu satisfaisants lorsque ce n’est plus la procréation qui est le moteur mais la rencontre.

C’est là que le tantra peut prendre le relai, c’est à dire, offrir d’autres apprentissages pour transformer les automatismes et faire durer le plaisir pour servir la rencontre de deux sexes, de deux coeurs et de deux âmes.

L’excitation prend sa source dans notre vitalité. Elle s’exprime comme une sorte d’étincelle qui voudrait se déployer dans la rencontre amoureuse plutôt que dans d’autres activités physiques. Cette étincelle doit être canalisée pour être transmutée en amour. Si l’homme ne s’emploie pas à transmuter cette énergie d’excitation, celle-ci va parfois jouer en sa défaveur car au fil du temps, si sa partenaire a moins de désir pour lui, c’est sans doute parce qu’elle se sent envahie par cette énergie d’excitation sexuelle alors qu’elle aspire à ressentir d’abord l’amour pour pouvoir s’ouvrir et accueillir son partenaire sexuellement. Sa porte d’entrée à elle c’est le coeur avant le sexe.

Tant que la femme ne se connait pas vraiment, elle est aussi piégée par l’énergie d’excitation. Pendant quelques temps elle va y répondre mentalement en acceptant la rencontre sexuelle telle que l’homme la propose, mais petit à petit, comme ce n’est pas son carburant, son corps et son sexe se ferment et son désir s’amenuise, sans qu’elle ne sache trop pourquoi. Lorsque les femmes entament une démarche de croissance personnelle, (elles sont nombreuses à le faire, beaucoup plus que les hommes) elles ont besoin de cohérence entre le corps, le coeur et l’esprit. Elles n’ont alors plus envie d’être l’objet du désir de l’homme pour se sentir aimées. Elles ont envie d’être aimée et de partager cette cohérence corps, coeur, esprit avec leur partenaire, y compris dans la sexualité. C’est pourquoi elles seront plus facilement initiatrices d’une démarche qui permette d’allier la sexualité et la spiritualité, l’être et le faire.

 2

Dans la démarche tantrique, l’homme apprend à se recentrer pour réunir le sexe et le coeur car pour lui se sont 2 mondes qui ne cohabitent pas. Il est souvent soit dans l’amour, soit dans le sexe, le tout dirigé par son mental. Ses organes génitaux étant à l’extérieur de lui, toute son énergie vitale le pousse à chercher de la satisfaction à l’extérieur de lui. Parfois c’est tellement extérieur que même son sexe peut lui sembler être un objet extérieur et déconnecté de l’ensemble du corps, ayant pour fonction de donner et recevoir du plaisir. Si son sexe est objectivé, il transpose également cette objectivation sur la femme et cette objectivation le maintient dans son mental.

En étant centré sur le plaisir de sa partenaire, il est heureux et va se sentir aimé et confiant au risque de s’oublier lui-même et de ne jamais être vraiment nourri au fond de son coeur. Il entre en relation intime avec un projet, un objectif à atteindre et se met souvent une pression pour que le but soit atteint avec satisfaction car ça le sécurise. L’excitation le centre principalement sur l’autre et l’entraine dans le FAIRE, avec des manières de faire qui ne sont pas suffisamment habitées, corps/sexe, coeur, âme. L’excitation sexuelle restant logée uniquement au niveau génital, elle est expulsée au dehors par l’éjaculation et son coeur n’est jamais vraiment touché. En aimant ce plaisir là, il alimente son mental et pense aimer sa partenaire qui lui procure ce plaisir là mais son être, son âme et son coeur restent au bord du chemin sans qu’il ne s’en rendre compte. La rencontre reste superficielle. Au final, cela ne satisfait pas pour autant sa partenaire qui l’attend aussi dans l’être. Pour lui, ÊTRE présent c’est FAIRE ce qu’il sait faire, en pensant bien faire et il ne comprend pas toujours ce qu’elle attend et lui reproche. Il n’a jamais eu le goût d’une communion plus profonde, même s’il y aspire.

Le tantra sert à déconditionner l’homme de ses croyances et de ses habitudes liées à l’excitation sexuelle pour petit à petit apprendre à raffiner cette sensation d’excitation, à l’utiliser pour prolonger la rencontre en étant plus détendu et ouvert plutôt que de se laisser happer par une course vers le pic orgastique en ligne droite. Bien souvent c’est son corps qui le pousse à faire ce chemin – problème d’érection, éjaculation trop rapide – panne de désir… indiquent que le mental ne soutient plus cette excitation et qu’il est temps de s’y prendre autrement. Il doit lâcher le connu et les automatismes qui ne fonctionnent plus pour aller à la rencontre de lui-même.

La difficulté de la femme est de réellement habiter son sexe pour en connaître le fonctionnement, en être la gardienne pour accueillir la puissance de l’homme en étant totalement aux commandes, maître à bord pour s’abandonner en toute confiance en se sentant en sécurité. Ses organes génitaux doivent être explorés, sentis, investis de l’intérieur, être habités de sa propre présence pour pouvoir y accueillir la présence de l’homme. Si elle n’habite pas totalement son vagin, lors de la pénétration, le pénis va investir un lieu vide, ce qui fera remonter l’homme dans sa tête. Si les deux partenaires sont alors chacun dans leur mental, il n’y a pas de rencontre profonde et satisfaisante, ils sont simplement confrontés à leur mental et à leurs frustrations.

1

Si la femme est d’abord dans son coeur, elle doit apprendre à investir son sexe avec amour en respectant son rythme, en étant à l’écoute de sensations pour guider son partenaire vers ce qui est bon pour elle, pour l’inviter dans son jardin.

L’homme est polarisé sur le sexe, la femme sur le coeur. La rencontre sexuelle doit servir à unir ces 2 polarités pour que la communion est lieu : comme-union du sexe, du coeur et de la conscience.

Le processus du tantra invite donc chacun des partenaires à habiter totalement leur corps et leur coeur en conscience, en étant à l’écoute des sensations, en respirant correctement pour que l’énergie sexuelle soit le lien entre ces 3 pôles et que la rencontre soit totale. Lorsque chacun est centré en soi, la danse peut avoir lieu. Les deux partenaires seront alors au service de cette danse et non pas uniquement centrés sur l’excitation et la course à l’orgasme.

L’intimité sexuelle prend ses racines dans notre inconscient. Si nous n’allons pas à la rencontre de qui nous sommes et de nos fonctionnements, comment peut-on prétendre rencontrer l’autre ? La sexualité consciente nous apprend à nous connaître, à grandir avec l’autre et à s’ouvrir à l’amour, un amour bien plus profond qui nous entraîne dans un frémissement intense et extatique qui nous ré-UNIFIE, nous fait nous sentir complet et plein. Le véritable amour entre un homme et une femme peut alors ouvrir le chemin de l’intimité et de la connexion à laquelle chacun aspire. Même si les hommes et les femmes fonctionnent différemment, ils ont en commun cette aspiration à être en connexion et à danser ensemble d’une manière fluide, naturelle et nourrissante… et ça s’apprend !

Stage d’été pour couples : grandir en amour avec le slow-sex du 23 au 30 juillet

Stage d’été pour les femmes du 16 au 23 juillet et cycle sur le féminin sacré dès l’automne

Stage réservé aux hommes : l’art d’être un bon amant du 11 au 13 novembre.

SOURCE www.espacetantrayoga.com

Le 13ème chakra : ouverture à l’invisible

 

 

L’Humain est constitué de 12 chakras (voir l’article en lien). Mais il fait également partie d’un ensemble bien plus vaste que sa monade. Il est élément indissociable de la Planète.

13è chakra
Au cours de son cheminement, l’être incarné connaît le retournement de conscience par lequel l’âme se découvre à son corps assoiffé de tendresse. Le Soi embrasse l’unité retrouvée par sa Direction illuminatrice. Lorsque l’ancrage est consolidé, un des 12 crânes de cristal  chargés de conserver la mémoire des origines et du but de cette création planétaire dans le Jeu cosmique, prend contact afin de préparer et coordonner le passage de relais. Les 12 crânes ont pour finalité de nous remettre, à nous Humanité réveillée, cette mémoire. Nous sommes le 13ème crâne.

Le dragon, symbole du Masculin sacré et gardien des forces telluriques et donc de notre kundalini, s’est présenté pour nettoyer et harmoniser les canaux énergétiques de nos corps. Puis la licorne, Pureté prenant sa source dans le Féminin sacré, dépose son Amour inconditionnel et appose son Pardon par l’offrande de la Virginité innocente, l’Enfant. Se lèvent la Mère compatissante puis la Vierge Noire, l’Isis aux multiples facettes s’offrant à la sensualité de la Vie et légitimant la Femme en tant que matrice.

Lorsque la fusion, les épousailles du Masculin et du Féminin sacrés sont consommées, la Déesse emplit le nouvel Humain de sa Puissance. Et le corps se transforme sous l’impulsion de ce désir irrésistible de Servir la Présence qui s’exprime alors en soi. Les 12 chakras s’interpénètrent pour prendre la forme de notre géométrie divine.

L’Humain a retrouvé sa place au Centre de lui-même. Il est l’Être individuel unique rayonnant par sa connexion à l’êtreté dont il est issu, reconnaissant ses origines cosmiques tout en savourant son appartenance à la planète Terre. Il est le chaînon qui donne tout son sens à l’Aventure de sa Vie.

Et l’Humain termine le cycle, entamé il y a des millions d’années, lors de l’émergence du Désir d’Unité au sein même de cet univers de Séparation. Il est ramené à ses enseignants nourriciers du départ, ceux-là même qui ont préparé son arrivée et adapté  l’environnement à son cheminement : les champs dimensionnels de Gaïa (voir « Retour aux éléments« ). Ces champs dimensionnels sont peuplés de nombreuses nations (tels les elfes, sylphes, sirènes …) qui maintiennent l’harmonie entre les forces de vie à l’intérieur comme à l’extérieur de la planète, y compris la cohérence de votre amalgame corporel. Être un Humain implique une collaboration active avec les partenaires planétaires, susciter des échanges bienveillants entre tous pour faciliter les transformations plasmiques que l’ascension va générer.

Le 13ème chakra est cette ouverture à « l’invisible » qui place l’Humain en tant que médiateur conscient par sa compétence à relier les dimensions au Centre. Il est également la porte d’entrée à la reliance à l’esprit de groupe qu’est la Conscience de Gaïa, point d’orgue des convergences intra et extraterrestres. Lorsque l’Humain est prêt, il raccorde définitivement sa géométrie sacrée au tissu vibratoire maître de la planète, sa trame générale. Il se répand à la fois en la substance de Gaïa tout en se nourrissant  de cette Mère cosmique par excellence et détentrice des clés de l’ascension.Le 13ème chakra : ouverture à l'invisible dans RESSOURCES et Savoirs en TAO

Miriadan

DONNEZ DE NOUVELLES PERMISSIONS À VOTRE ENFANT INTÉRIEUR

 

Une fois que nous avons commencé à soutenir notre enfant intérieur, nous nous retrouvons face à un autre dilemme. Étant donné que la plupart d’entre nous sommes issus de familles dysfonctionnelles, nous ne savons vraiment pas comment jouer le rôle de parent auprès de notre enfant intérieur afin de l’éduquer convenablement. Notre enfant intérieur blessé est puéril. Il a été soit trop, soit trop peu discipliné. Nous devons donc devenir de bons éducateurs en matière de discipline afin que notre enfant intérieur blessé puisse guérir. L’enfant en nous doit intérioriser de nouvelles règles qui lui permettront de croître et de s’épanouir. L’adulte en nous doit recueillir de nouvelles informations sur ce qui constitue une bonne discipline et il doit acquérir de nouvelles compétences afin d’interagir avec l’enfant intérieur. Nous devrons utiliser notre puissance d’adulte pour donner de nouvelles permissions à notre enfant intérieur. Il a besoin que nous lui donnions la permission de transgresser les anciennes règles parentales, la permission d’incarner son moi authentique et la permission de jouer.

enfant-interieur2

La discipline qui favorise la croissance

Quelqu’un a déjà souligné que «de tous les masques de la liberté, la discipline est le plus impénétrable », Cela me plaît. Sans discipline, notre enfant intérieur ne peut pas vraiment être libre. Scott Peck a des choses importantes à dire à ce sujet: il considère la discipline comme un ensemble de techniques conçues pour alléger l’inévitable souffrance de la vie. C’est très loin de ce que j’ai appris durant mon enfance. Au fond de mon subconscient, le mot «discipline» est synonyme de punition et de souffrance. Selon Scott Peck, une bonne discipline est constituée d’un ensemble de leçons sur la manière dont nous pouvons vivre notre vie plus gracieusement; elle sous-tend des règles qui permettent à la personne d’être qui elle est. Ce genre de règles rehausse notre existence et protège notre conscience du « Je suis ». C’est pourquoi je vous propose maintenant un ensemble de règles fructueuses que vous pourrez enseigner à votre merveilleux enfant intérieur.

    1. C’est bien d’éprouver ce que tu éprouves. Les émotions ne sont ni bien ni mal. Elles existent simplement. Il n’y a personne qui soit en mesure de te dicter ce que tu devrais éprouver. Il est bon et nécessaire de parler des émotions.

    2. C’est bien de vouloir ce que tu veux. Il n’y a rien que tu devrais ou ne devrais pas vouloir. Si tu es en contact avec ton énergie vitale, tu voudras croître et te développer. C’est bien et même nécessaire que tu combles tes besoins. C’est bien de demander ce que tu veux.

    3. C’est bien de voir et d’entendre ce que tu vois et ce que tu entends. Peu importe la nature de ce que tu as vu et entendu, c’est ce que tu as vu et entendu.

    4. C’est bien et nécessaire de jouer et d’avoir beaucoup de plaisir. C’est bien d’aimer le jeu sexuel.

    5. Il est essentiel que tu dises toujours la vérité. Cela atténuera la souffrance inhérente à la vie. Le mensonge déforme la réalité. Toutes les formes de distorsions de la pensée doivent être corrigées.

    6. Il est important que tu connaisses tes limites et qu’à l’occasion tu diffères les gratifications. Cela amoindrira la souffrance inhérente à la vie.

    7. Il est d’une importance décisive que tu développes un sens des responsabilités équilibré. Cela signifie que tu dois assumer les conséquences de tes actes et refuser d’assumer les conséquences des actes d’autrui.

    8.C’est bien de commettre des erreurs. Les erreurs sont nos professeurs, puisqu’elles nous aident à apprendre.

    9. Les émotions, les besoins et les désirs d’autrui doivent être respectés et valorisés. Le fait de bafouer les autres t’amène à éprouver de la culpabilité et t’oblige à en assumer les conséquences.

    10. C’est normal d’avoir des problèmes. Ils doivent être résolus. C’est normal de vivre des conflits. Eux aussi doivent être résolus.

Enfant intérieur 1

    Permettez-moi de commenter brièvement chacune de ces nouvelles règles.

Première nouvelle règle

Étant donné que ce sera très angoissant pour votre enfant intérieur blessé d’enfreindre l’ancienne loi familiale du silence ou celle qui condamne l’expression des émotions en les considérant comme des signes de faiblesse, vous devrez prendre soin de bien l’orienter dans ce domaine. Avant tout, cela signifie que vous lui donnerez la permission d’éprouver ce qu’il éprouve et que vous lui montrerez que les émotions ne sont ni bien ni mal. Mais vous devrez avoir une ligne de conduite claire en ce qui a trait à l’expression des émotions. Dans certains contextes, en effet, ce n’est ni sûr ni approprié d’exprimer ses émotions. Il ne serait pas souhaitable, par exemple, que vous encouragiez votre enfant intérieur à déclarer ses sentiments au policier qui vient de vous donner une contravention. Dans un même ordre d’idées, il est peu recommandable de faire connaître à ses parents son sentiment d’avoir été délaissé. Vous devez exprimer ces émotions selon les manières que j’ai décrites dans la deuxième partie.

Votre enfant intérieur doit également apprendre la différence entre exprimer une émotion et agir d’après une émotion. La colère, par exemple, est une émotion parfaitement légitime. Elle nous avertit que nos besoins ou nos droits fondamentaux ont été bafoués ou sont sur le point de l’être. Dans cette optique, il est légitime d’exprimer sa colère, mais beaucoup moins légitime de frapper, de blasphémer, de crier ou de détruire les biens d’autrui.

Vous devez trouver un milieu sûr où personne ne vous couvrira de honte lorsque votre enfant exprimera librement ses émotions. peut impliquer que vous vous joigniez à un groupe de soutien dont les membres travaillent sur des problèmes semblables aux vôtres. En outre, vous devrez montrer à votre enfant intérieur que vos émotions font partie intégrante de votre force intérieure. Elles sont le combustible psychique qui vous pousse à rechercher et à obtenir la satisfaction de vos besoins. Elles vous signalent la présence d’un danger, vous font savoir qu’on est en train de vous faire violence ou que vous avez perdu quelque chose d’important.

Deuxième nouvelle règle

La deuxième nouvelle règle neutralise l’humiliation toxique qu’éprouve votre enfant intérieur blessé face à ses besoins et à ses désirs. Vous rappelez-vous les parents âgés de trois ans et pesant plusieurs dizaines de kilos? En tant qu’adultes enfants, ils n’ont jamais pu assouvir leurs besoins ou leurs désirs; par voie de conséquence, sitôt que vous manifestiez des besoins ou des désirs, ils se mettaient en colère et vous couvraient de honte.

Intoxiqué par la honte, votre enfant intérieur ne croit pas qu’il a le droit de désirer quoi que ce soit. Néanmoins, vous pouvez prendre sa défense en étant très attentif à ses besoins et à ses désirs. Vous ne serez peut-être pas toujours en mesure de lui donner ce qu’il veut, mais vous pourrez l’écouter et lui donner la permission de désirer. Si nous n’avions aucun désir et aucun besoin, notre énergie vitale finirait par s’annihiler.

Troisième nouvelle règle

La troisième règle contrebalance l’illusion et le mensonge qui prévalent dans les familles dysfonctionnelles, et engendrent de surprenantes réponses. La petite Julie arrive de l’école et voit sa mère en train de pleurer. Elle demande: «Qu’est-ce que tu as, maman?» Sa mère répond: «Je n’ai rien. Va jouer dehors! » Un bon matin, le petit Farquhar voit son père étendu à côté de la voiture, dans le garage. Intrigué et confus, il demande à sa mère pourquoi papa est couché là. Elle lui répond que son père a besoin de dormir sur le plancher de béton du garage « parce qu’il a mal au dos» ! Le jeune Daniel entend son père et sa mère qui se disputent. Leurs cris l’ont tiré de son profond sommeil. Il va jusqu’à leur chambre et veut savoir ce qui se passe. Ses parents lui disent : «Ce n’est rien. Retourne te coucher. Tu as dû rêver!»

L’enfant qui reçoit ce genre de messages ne peut plus se fier à ses propres sens. Ainsi privé d’informations sensorielles, il lui sera difficile de vivre dans la réalité. Les enfants possèdent une expertise en matière de sensibilité sensorielle ; nous avons donc particulièrement besoin de notre enfant intérieur dans ce domaine. Mais pour pouvoir profiter de son expertise, nous devons lui donner la permission de voir, d’écouter, de toucher et d’explorer le monde extérieur.

Quatrième nouvelle règle

La quatrième règle concerne le jeu et le plaisir. Jouer, c’est une façon de simplement être. J’ai appris à concevoir mon emploi du temps de manière à me réserver certains moments de jeu durant lesquels je peux aller pêcher ou jouer au golf ou encore ne rien faire. Cela me plaît d’aller quelque part seulement pour y flâner. Flâner et ne rien faire sont deux formes du jeu adulte. Nous comblons notre besoin d’être lorsque nous donnons à notre enfant intérieur la permission de jouer.

Le jeu sexuel représente une autre merveilleuse forme d’amusement pour adultes. Il recouvre son meilleur aspect à partir de l’instant où l’adulte en nous sort ses parents de la chambre, verrouille la porte et laisse son gamin intérieur naturel se débrouiller. L’enfant intérieur adore toucher, goûter, sentir et parler durant le jeu sexuel. Il adore prendre le temps d’explorer, particulièrement s’il a été élevé dans la honte de la sexualité ou si on lui a interdit de regarder ce qui l’attirait. Il est indispensable que vous laissiez votre enfant intérieur s’ébattre et s’amuser sexuellement. Certes, votre adulte doit établir pour lui les limites morales auxquelles vous adhérez, mais à l’intérieur de ces limites, il est bon que votre vie soit riche en jeux sexuels.

Cinquième nouvelle règle

La cinquième règle est probablement la plus importante de toutes. Etant jeune, votre enfant naturel a appris à s’adapter afin de survivre. Or, dans les familles dysfonctionnelles, on ment beaucoup. L’illusion et la dénégation qui y règnent sont des mensonges. Les faux rôles familiaux que les membres y jouent sont des mensonges. Pour dissimuler les aspects désagréables de la vie familiale, on a besoin de mentir. Le mensonge devient un mode de vie, et pour s’en libérer, votre enfant intérieur devra faire de grands efforts.

Votre enfant intérieur blessé a également des façons de penser qui nient la réalité et déforment la vérité. Comme tous les enfants, il a une pensée magique et absolutiste qui doit être affrontée. De plus, votre enfant intérieur blessé ayant profondément honte de lui-même, vous devez corriger sa pensée empreinte de honte. Voici quelques-unes des distorsions de la pensée les plus courantes auxquelles vous devrez prendre garde en parlant avec lui.

ENFANT

    La pensée polarisée. L’enfant intérieur blessé conçoit tout d’un point de vue extrémiste. C’est tout l’un ou tout l’autre; il n’y a rien entre les deux: les choses et les gens sont soit bons soit mauvais. L’enfant intérieur blessé pense que si une personne ne veut pas rester près de lui chaque minute de chaque jour, cela signifie qu’elle ne l’aime pas vraiment. Il s’agit d’un mode de pensée absolutiste; il est dû au fait que, étant bambin, l’enfant a mal intégré la notion de permanence de l’objet. L’absolutisme conduisant au désespoir, vous devez faire comprendre à votre enfant intérieur que la vérité, c’est que tout le monde est à la fois bon et mauvais et que l’absolu n’existe pas.

    Le catastrophisme. Votre enfant intérieur blessé a appris à s’épouvanter et à se catastropher par l’entremise de l’enfant intérieur blessé de vos parents. Votre éducation représentait souvent un fardeau trop lourd à porter pour les adultes enfants qu’étaient vos parents. Ils vous ont tourmenté, inquiété et hypnotisé avec leur interminable déluge de rappels à l’ordre angoissés. Juste au moment où vous aviez besoin de sécurité pour explorer et expérimenter, ils vous terrorisaient à coups de plaintes telles que: « Attention! », «Prends garde !», «Arrête-toi! », «Ne fais pas ça !» et «Dépêche-toi! », Il ne faut pas s’étonner que votre enfant intérieur soit hypervigilant: on lui a appris que le monde est un lieu effroyable et dangereux. Cependant, vous pouvez maintenant le soutenir en lui donnant la permission de s’aventurer et de faire des expériences tout en lui assurant que c’est bien puisque vous êtes là pour veiller sur lui.

    L’universalisation. Votre enfant intérieur blessé a tendance à faire des généralisations par trop absolues à partir d’incidents mineurs. Si votre partenaire amoureux vous annonce qu’il aimerait passer la soirée à lire chez lui, votre enfant intérieur entend sonner le glas de la relation. Si quelqu’un refuse de sortir avec vous, votre enfant intérieur blessé en conclut: «Je n’obtiendrai jamais un autre rendez-vous. Les gens refuseront toujours de sortir avec moi.» Si vous apprenez à faire du ski nautique et que vous n’arrivez pas du premier coup à vous tenir sur les skis, votre enfant intérieur en déduit que vous n’apprendrez jamais à maîtriser les techniques de ce sport.

Vous pouvez par conséquent soutenir votre enfant en confrontant et en corrigeant sa tendance à universaliser. Pour ce faire, vous pouvez notamment exagérer les mots tels que tout, jamais, personne, toujours, rien, etc. Chaque fois que votre enfant dit des choses comme: «Personne ne fait jamais attention à moi», répondez: «Tu veux dire que pas une seule personne dans le monde entier ne t’a jamais, jamais, jamais regardé ni parlé ?» Parallèlement, apprenez-lui à utiliser plutôt des mots comme souvent, peut-être et quelquefois.

Les mots ancrent nos expériences. En outre, nous nous hypnotisons littéralement avec eux. Notre enfant intérieur blessé s’effraie lui-même avec des mots dénaturés. Mais, utilisés correctement, les mots peuvent témoigner de notre honnêteté et nous servir à dire la vérité. Notre gamin intérieur a besoin d’apprendre à être honnête.

    La divination. La divination est une forme de magie. La pensée magique fait partie de la nature des enfants, et lorsque les parents affirment des choses comme: «Je sais à quoi tu penses », ils renforcent leur pensée magique. Par ailleurs, à partir du moment où les perceptions sensorielles de l’enfant sont constamment reniées, celui-ci s’en remet de plus en plus à la magie. Si bien que votre enfant intérieur pourrait dire des choses telles que: «Je sais que mon patron s’apprête à me congédier. Je peux le deviner juste à la façon dont il me regarde.»

La divination découle également des projections auxquelles se livre votre enfant intérieur blessé. Supposons qu’il n’aime pas quelqu’un et que vos parents avaient l’habitude de vous gronder quand vous manifestiez votre aversion envers certaines personnes.

L’antipathie qu’éprouve votre enfant est maintenant dissimulée et reliée à la honte. Cela se vérifie quand il dit: «Je pense que monsieur Untel ne m’aime vraiment pas.» En réalité, c’est votre enfant intérieur qui n’aime vraiment pas monsieur Untel.

Il est essentiel que vous affrontiez l’esprit de divination de votre enfant intérieur. Il y a assez de choses menaçantes en ce monde sans qu’on ait besoin d’en rajouter. Apprenez-lui à vérifier ses croyances. Donnez-lui la permission de poser beaucoup de questions.

Le fait d’être honnête et de dire la vérité crée la confiance, et la confiance engendre l’amour ainsi que l’intimité. Chaque fois que votre enfant intérieur essaie de mentir, d’exagérer ou de déformer la réalité en recourant à l’absolutisme et à la magie, vous devez corriger son attitude. L’amour et une discipline fondée sur le respect diminuent la souffrance occasionnée par le mensonge et les distorsions de la pensée.

tao de la femme

Sixième nouvelle règle

La sixième règle concerne les besoins voraces de l’enfant intérieur. Tous les enfants veulent ce qu’ils veulent au moment précis où ils le veulent. Ils ont une très faible tolérance à la frustration et aux retards. Le fait d’apprendre à différer les gratifications est inhérent au processus de croissance, et cela nous aide à diminuer les souffrances et les, difficultés de la vie. Car à quoi bon s’empiffrer, par exemple, pour éprouver un peu plus tard un malaise et des maux d’estomac; ou encore à quoi bon dépenser tout son argent d’un seul coup et n’avoir plus rien ensuite?

L’enfant sans cesse privé et négligé a beaucoup de mal à différer les gratifications. Votre enfant intérieur blessé croit qu’il existe dans son monde une grave pénurie d’amour, de nourriture, de caresses et de plaisir. Par voie de conséquence, dès qu’il a l’occasion d’obtenir ces choses, il s’emballe.

Pendant des années, j’ai mis dans mon assiette plus de nourriture que je ne pouvais en avaler. Cependant, je mangeais toujours toute mon assiettée. Je me surprenais également à acheter de nombreuses choses dont je n’avais nul besoin, simplement parce que j’avais l’argent nécessaire pour me le payer. J’avais l’habitude d’accumuler ces objets dans ma chambre jusqu’à en être envahi. Je me surprenais aussi à éprouver de la jalousie envers tout autre thérapeute ou animateur qui jouissait d’une certaine popularité. Comme s’il n’y avait pas eu assez de gens ayant besoin de recouvrer la santé; ou comme s’il n’y avait eu qu’une réserve limitée d’amour et d’admiration, et que, si une autre personne en recevait, moi, j’allais en être privé. Tout cela faisait partie des épanchements de mon enfant intérieur blessé. Il croyait qu’on ne me donnerait jamais ma part du gâteau et que, pour mon bien, je devais m’arranger pour en obtenir le plus possible au moment où j’en avais la chance. Ses «indulgences» m’ont causé de nombreuses souffrances au fil des ans.

Je prends maintenant le parti de mon enfant intérieur blessé en m’occupant très bien de lui. Je lui promets des choses merveilleuses et je tiens toujours les promesses que je lui ai faites. Vous devez être rigoureusement fidèle à vos promesses si vous désirez gagner la confiance de votre enfant intérieur. En donnant à mon enfant des tas de bonnes choses, je l’éduque. Il lui arrive parfois encore de prendre le dessus, mais cela se passe tellement mieux qu’avant. Je lui prouve que nous pouvons avoir plus de plaisir en retardant le moment de nous récompenser et ça porte ses fruits.

Récemment, par exemple, j’ai fait une expérience avec lui. Il adore les bonbons, les tartes, les sundaes, etc. Je lui ai permis de manger toutes les sucreries qu’il voulait pendant une semaine. A la fin de cette semaine-là, nous avons évalué comment nous nous sentions. C’était terrible: j’avais pris plus de deux kilos et mon ventre débordait de mon inconfortable pantalon de taille 38. J’ai alors refusé toute sucrerie à mon enfant intérieur pendant six jours au cours desquels nous avons fait l’exercice le plus souvent possible. Le dimanche, je lui ai êrmis de manger des gâteries. Nous avons ensuite réévalué comment nous nous sentions. Beaucoup, beaucoup mieux. En réalité, nous n’avons pas mangé énormément de sucreries ce dimanche-là.

Ce régime risquerait fort peu d’être endossé par une quelconque association de médecins ou de diététistes, mais il m’a permis de prouver au Petit John qu’il y a plus de plaisir à différer les gratifications qu’à sauter dessus comme un goinfre.

Septième nouvelle règle

La septième règle est une des clés du bonheur. Une si grande partie de la souffrance humaine provient du fait que l’enfant intérieur blessé prend sur lui trop de responsabilités ou, au contraire, refuse d’en assumer sa juste part!

Vous devez carrément faire face aux conséquences de votre comportement. En retrouvant votre enfant intérieur blessé, vous avez commencé à travailler votre sens des responsabilités. La plupart des réponses de l’enfant intérieur ne sont pas de vraies réponses; ce sont plutôt des réactions ancrées et souvent excessives. Une vraie réponse prend sa source dans de vraies émotions et relève d’une décision consciente. Pour être à même d’avoir une vraie réponse, on doit être en contact avec ses émotions, ses besoins et ses manques. Or, les adultes qui vivent avec un enfant intérieur blessé sont jusqu’à un certain point coupés de tout cela.

Soutenir votre enfant intérieur, c’est lui apprendre à agir plutôt qu’à reagir. Pour agir, vous devez être en mesure de répondre ; cette capacité se manifeste lorsque c’est vous qui maîtrisez la vie de votre enfant intérieur et non pas lui qui maîtrise la vôtre.

La relation d’intimité est, à ma connaissance, ce qui illustre le mieux combien il est important d’assumer cette responsabilité. Nous pouvons établir des relations intimes parce que nous avons tous un enfant intérieur merveilleux et vulnérable. Deux personnes «en amour » reproduisent la symbiose qui caractérise le premier lien entre la mère et l’enfant. En substance, elles fusionnent l’une avec l’autre. Elles éprouvent un sentiment tout-puissant d’unité et de force. Chacun partage son moi le plus vulnérable et le plus profond avec l’autre.

Cette extrême vulnérabilité conduit les adultes à avoir peur des relations intimes et à détruire en fin de compte toute intimité. Dans une relation amoureuse, la destruction de l’intimité survient quand l’un des partenaires, ou les deux, refuse d’assumer la responsabilité de l’enfant vulnérable qu’il porte en lui.

Examinons ce qui se passe à partir de l’instant où deux adultes enfants tombent amoureux. Leurs enfants intérieurs blessés sont transportés. Chacun voit dans l’autre les qualités et les défauts de ses parents. Chacun croit que, cette fois, les besoins inassouvis de son enfant seront finalement pris en considération. Chacun prête à l’autre une force démesurée et lui accorde une estime excessive. Chaque enfant blessé considère l’autre comme son parent. Peu de temps après le mariage, les deux partenaires commencent à manifester l’un envers l’autre leurs exigences. Celles-ci masquent leurs attentes essentiellement inconscientes qui découlent des désirs ardents et du sentiment de vide qu’éprouve l’enfant intérieur blessé niché en chacun d’eux. La nature a horreur du vide, et un élan vital pousse l’enfant intérieur blessé à finir ce qui n’est pas terminé. Il recherche l’affection parentale qu’il n’a jamais eue, mais qu’il désire toujours aussi vivement obtenir. Emporté par cette quête, l’un des partenaires peut même inciter l’autre à adopter le comportement de l’un de ses parents. À certains moments, il peut dénaturer les actes de son partenaire de manière à accentuer la ressemblance entre celui-ci et son parent réel. A tout prendre, cette perspective n’est pas rose! Cela équivaut à un mariage entre deux enfants de quatre ans qui tenteraient d’assumer des responsabilités d’adultes.

Si vous avez retrouvé votre enfant intérieur, vous avez une chance de connaître l’intimité. En le soutenant, vous vous rendez responsable de sa vulnérabilité. Le fait de vous engager à devenir le parent de votre enfant intérieur vous évite de nouer un lien avec une personne en espérant que celle-ci remplacera vos parents perdus. L’intimité devient possible lorsque chaque partenaire assume la responsabilité de son propre enfant intérieur vulnérable. Par conséquent, elle ne pourrait se créer si vous essayez d’obtenir de votre partenaire ce que vos parents ont été incapables de vous donner.

Huitième nouvelle règle

La huitième règle vous offre le moyen d’apprendre à votre enfant intérieur ce qu’est la honte normale. La honte toxique nous contraint à être plus qu’humains (des modèles de perfection) ou moins qu’humains (des ploucs). La honte normale nous permet de nous tromper, l’erreur étant foncièrement humaine. Elle tient compte de ce que nos erreurs nous servent d’avertissements et de ce que nous pouvons en tirer des leçons valables durant toute notre vie. En accordant à notre enfant intérieur le droit de se tromper, elle lui offre la possibilité de se montrer plus spontané. Car vivre dans l’appréhension des erreurs, c’est marcher continuellement sur des œufs et mener une existence circonspecte, superficielle. Si votre enfant intérieur croit devoir surveiller chacune de ses paroles afin de ne jamais rien dire de mal, il ne dira probablement jamais rien qui vaille. Il pourrait bien aussi ne jamais demander d’aide ni vous dire qu’il souffre ou qu’il vous aime.

Neuvième nouvelle règle

La neuvième règle est la Règle d’Or. Elle demande à votre enfant intérieur d’avoir pour les autres autant d’amour, d’estime et de respect que vous en avez pour vous-même. Elle lui fait également comprendre que s’il enfreint cette règle, il devra en assumer les conséquences.

Notre enfant blessé doit en effet apprendre à répondre de ses actes et faire l’expérience d’une saine culpabilité, cette forme de honte morale nous informant que nous avons bafoué nos propres valeurs et celles des autres et qu’il y a un prix à payer pour cela. La saine culpabilité est à la base de la saine conscience dont notre enfant intérieur a besoin. L’agressivité dont j’ai parlé précédemment vient surtout du fait que notre enfant blessé n’a jamais développé sa propre conscience.

Lorsqu’un enfant maltraité s’identifie à son agresseur, il hérite également du système de valeurs déformé propre à cet agresseur. Lorsqu’un enfant a vu ses comportements répréhensibles renforcés par l’excès d’indulgence ou de complaisance de ses parents, il en a déduit que les règles ordinaires des gens moyens ne s’appliquaient pas à lui: de par Son « statut particulier», il s’est cru autorisé à se placer au-dessus des règles.

Dixième nouvelle règle

La dixième règle laisse savoir à l’enfant intérieur que la vie est fertile en problèmes, lui qui s’indigne si souvent devant les aléas et les difficultés de l’existence en gémissant «Ce n’est pas juste! », «Je ne peux pas croire que ça me soit arrivé à moi! »: voilà une phrase que j’ai souvent entendue en tant que thérapeute. Comme si les problèmes et les difficultés étaient de mauvais tours que nous jouait un esprit sadique caché dans le cosmos! Les problèmes et les difficultés font partie de l’existence de tout un chacun et, ainsi que Scott Peck l’a dit: «Nous ne pouvons résoudre les problèmes de la vie qu’en les résolvant.» De fait, la manière dont nous transigeons avec nos problèmes et nos difficultés détermine la qualité de notre vie. Un thérapeute de Chicago, Terry Gorski, a avancé que «croître, c’est passer d’un ensemble de problèmes à un meilleur ensemble de problèmes », J’aime bien cette observation. Elle est absolument vraie en ce qui concerne ma vie. Chaque nouveau succès apporte de tout nouveaux problèmes.

Nous devons apprendre à notre enfant intérieur qu’il est normal d’avoir des problèmes et qu’il faut les accepter. Nous devons également lui faire comprendre que les conflits sont inévitables dans les relations humaines. En réalité, l’intimité n’est possible qu’à condition que la relation soit en mesure d’absorber les conflits. Nous devons montrer à notre enfant intérieur comment lutter honnêtement, en respectant les règles du jeu, et comment résoudre ses différends.

En apprenant ces nouvelles règles à votre enfant intérieur, vous lui donnerez la permission d’enfreindre ses anciennes lois. Une fois qu’il les aura intériorisées, elles deviendront pour lui une seconde nature, stimulant son narcissisme et favorisant la guérison de sa blessure spirituelle.

1 planète

LA PERMISSION D’ÊTRE VOUS-MÊME

Votre enfant intérieur a besoin que vous lui donniez la permission inconditionnelle d’être lui-même et, dans cet ordre d’idées, la discipline éducative que je viens d’exposer lui fera faire de grands pas vers le rétablissement de son moi. Cependant, vous pouvez l’aider encore davantage en lui donnant la permission d’abandonner le(s) rôle(s) rigide(s) qu’il a endossé(s) afin d’équilibrer son système familial et de sentir qu’il était important aux yeux des autres. J’ai déjà suffisamment parlé des rôles et de la façon dont ils se mettent en place dans un système familial dysfonctionnel. Vous avez commencé à permettre à votre enfant intérieur d’abandonner ces rôles figés quand vous avez retrouvé votre moi de bambin puis votre moi d’enfant d’âge préscolaire, et vous allez maintenant pouvoir aller plus loin. Dans cette démarche, les rubriques suivantes pourront vous servir de modèle général pour travailler tous les rôles que joue votre faux moi. Laissez tomber les rôles de votre faux moi

Première étape

Tout d’abord, vous avez besoin de vous faire une image plus claire de vos divers rôles au sein de votre système familial. Comment avez-vous appris à vous sentir important lorsque vous étiez enfant? Que faisiez-vous pour maintenir les liens de la famille et combler ses besoin ? Voici quelques-uns des rôles les plus couramment adoptés: le Héros, la Vedette, le Perfectionniste, le Petit Homme de maman, l’Époux Substitut de maman ou l’Épouse Substitut de papa, la Petite princesse de papa, le Copain de papa, la Complice de collège ou la Soeur de sang de maman, le Soutien ou le Protecteur de maman ou papa, la Mère de maman, le Père de papa, le Pacificateur, le Médiateur, l’Enfant Sacrifié, le Bouc Émissaire ou le Rebelle de la famille, l’Incapable, l’Enfant Problème, l’Enfant Perdu, la Victime. Les rôles sont inépuisables, mais chacun remplit la même fonction: garder le système familial en équilibre, immobile et à l’abri du changement.

Chaque rôle fournit également à la personne qui le joue un moyen de dissimuler sa honte toxique. Le rôle nous structure et nous définit; il prescrit un ensemble de comportements et d’émotions. Ainsi au fur et à mesure que nous jouons nos rôles, notre moi authentique devient de plus en plus inconscient. Comme je l’ai expliqué précédemment, au fil des ans, nous développons une accoutumance à nos rôles.

Soutenir votre enfant intérieur, c’est lui permettre de choisir ce qu’il veut préserver dans ses rôles et ce qu’il désire laisser tomber. Il importe que vous lui montriez clairement que ses rôles n’ont vraiment servi à rien. Pour ma part j’ai demandé ceci à mon enfant intérieur blessé: «En jouant tes rôles de Vedette, de Perfectionniste et de Protecteur, est-ce que tu as réellement sauvé quelqu’un dans ta famille !» La réponse immédiate a été «Non». Je lui ai aussi demandé: «Le fait d’être une Vedette, un Perfectionniste et un Protecteur t’a-t-il procuré une paix intérieure durable?» Encore une fois, sa réponse a été «Non» ; il se sentait encore vide, seul et déprimé la plupart du temps.

Finalement, je lui ai demandé: «Quelles émotions as-tu été obligé de refouler afin de jouer tes rôles de Vedette, de Perfectionniste et de Protecteur?» Il m’a répondu que j’avais dû taire ma peur et ma colère; je devais toujours être fort, gai et positif. Derrière mes rôles surhumains se terrait un petit garçon seul, effrayé et pétri de honte.

Deuxième étape

Vous êtes maintenant prêt à laisser votre enfant intérieur éprouver les émotions que lui interdisaient ses rôles. Dites-lui que c’est bien de se sentir triste, apeuré, seul ou fâché. Vous avez déjà accompli une bonne part de ce travail dans la deuxième partie de ce livre mais, en tant que nouveau défenseur de votre enfant blessé, vous devez lui faire savoir qu’il a la permission d’éprouver les sentiments précis que ses rôles rigides prohibaient. Vous lui donnerez ainsi la permission d’être lui-même.

Il est particulièrement important que vous le protégiez à cette étape-ci, car les sentiments refoulés sont si redoutables à partir du moment où ils commencent à émerger qu’ils pourraient accabler votre enfant intérieur. Vous devrez procéder lentement et lui donner beaucoup d’encouragements affectueux. Chaque fois que nous changeons un vieux schéma acquis dans notre famille d’origine, cela nous semble peu familier (littéralement, c’est «non familial »). Nous ne nous sentons pas «chez nous» dans notre nouveau comportement. Le fait d’éprouver de nouvelles émotions semblera étrange, peut-être même fou, à votre enfant intérieur. Soyez donc patient avec lui, car il ne se risquera pas à faire l’expérience de ces nouveaux sentiments s’il ne sent pas qu’il jouit d’une sécurité absolue.

Troisième étape

Pour explorer votre liberté nouvellement acquise, vous devrez chercher les nouveaux comportements qui vous permettront d’expérimenter votre moi dans un contexte différent. En ce qui me concerne, par exemple, j’ai fait appel à la créativité de mon adulte afin qu’il me dise les trois choses que je pouvais faire pour échapper à mes rôles de Vedette et de Perfectionniste. Demandez vous aussi à l’adulte créatif en vous de choisir trois attitudes précises. Voici ce que le mien m’a proposé:

    1. Je peux me rendre à un séminaire ou bien à un atelier où personne ne me connaît et m’attacher à n’être qu’un membre du groupe, un participant comme les autres.

    2. Je peux faire un travail médiocre pour m’acquitter d’une tâche quelconque. Je l’ai fait alors que j’écrivais un article pour un journal.

    3. Je peux seconder les efforts d’une autre personne qui est le centre d’intérêt d’un groupe ou d’une assemblée. Je l’ai fait en partageant l’estrade avec un collègue à Los Angeles. Les feux de la rampe étaient braqués sur lui.

Toutes ces expériences ont été bénéfiques pour moi. J’ai découvert comment je pouvais me sentir en faisant partie d’un groupe plutôt qu’en étant la Vedette. Je me suis laissé le choix de ne pas viser la perfection. J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer un rôle de soutien auprès de quelqu’un d’autre. Quant à mon enfant intérieur, il a aimé accomplir ces choses. Il était si fatigué de toujours devoir être une Vedette ou un Perfectionniste.

À cette étape, je savais que mon rôle de Protecteur était encore plus influent, car il représentait mon moyen le plus significatif de compter aux yeux des autres. La perspective de modifier ce rôle était d’autant plus inquiétante. La première fois que je m’y suis attaqué, je me suis proposé les nouveaux comportements suivants:

    1. Je réduis le temps que je consacre à la consultation de cinquante à quarante heures par semaine.

    2. Je change le numéro de téléphone de mon domicile (que j’avais donné à mes clients) afin d’obtenir un numéro confidentiel. J’installe un répondeur téléphonique pour les consultations urgentes.

    3. Je refuse de consacrer mes temps libres à des réunions sociales au cours desquelles j’ai l’habitude de répondre aux questions des participants relatives à leurs problèmes personnels.

Quand j’ai adopté un de ces comportements pour la première fois, je me suis senti coupable. Il me semblait que j’étais égoïste. Mais petit à petit, mon enfant intérieur en est arrivé à constater que les gens m’estimaient et me respectaient toujours. Lorsque j’ai découvert que j’étais digne d’estime et d’amour sans devoir faire ces choses pour les autres, j’ai franchi une étape importante dans ma croissance personnelle.

Quatrième étape

Enfin, vous devez aider votre enfant intérieur à choisir ce qu’il désire conserver dans ses rôles. Moi, par exemple, j’adore parler à des centaines de personnes quand je donne des conférences ou des séminaires. Mon enfant intérieur aime raconter des blagues et entendre rire les gens. Il aime aussi les moments où les applaudissements fusent à la fin d’une causerie ou d’un atelier. C’est pour cette raison que lui et moi avons décidé de continuer à faire ce travail.

Mon enfant intérieur m’a fait savoir que je le faisais mourir avec mes rôles de Gentil Garçon, de Protecteur et de Vedette. Au cours de mes ateliers ou de mes séminaires, par exemple, j’avais l’habitude de ne jamais prendre de repos. Pendant toutes les pauses, je parlais avec les gens, je répondais à leurs questions, j’essayais de les faire profiter d’une thérapie en trois minutes et je dédicaçais des livres. Je pouvais également rester une heure et demie de plus après avoir terminé une conférence ou un atelier. Résultat, je travaillais parfois douze heures de suite.

Un soir que je rentrais chez moi, dans l’avion qui me ramenait de Los Angeles, mon enfant intérieur a tout simplement éclaté en sanglots. Je ne parvenais pas à croire que cela m’arrivait, mais j’ai compris le message. Mon enfant intérieur voulait bien que nous gardions le rôle de Vedette, mais le Protecteur devait s’effacer. J’ai donc effectué certains choix qui lui plaisent. Depuis quelques années, nous nous envolons toujours en première classe. On vient fréquemment nous chercher en limousine. Durant les ateliers, au moment de la pause, plusieurs personnes sont chargées de s’occuper de nous. Nous utilisons ce moment pour nous reposer et manger un fruit frais ou toute autre nourriture légère.

Maintenant, mon enfant intérieur et moi donnons une attention de qualité aux autres. Néanmoins, nous prenons aussi bien soin de nous-mêmes. Et nous laissons les autres s’occuper de nous. Nous avons choisi d’être une Vedette, mais pas au prix de notre conscience d’être. Nous avons choisi de nous occuper des autres, mais nous ne sommes pas obsédés par cette tâche. Nous ne croyons plus que nous perdrions notre importance si nous ne prenions plus soin des autres. Je me préoccupe de mon enfant intérieur; je l’appuie et je lui dis que je l’aime exactement tel qu’il est. Mon enfant ne croit plus désormais qu’il doit renoncer à son moi authentique afin d’être aimé. Nous savons tous deux que la relation la plus décisive dans notre vie est celle que nous entretenons l’un avec l’autre.

Je lui ai donné la permission d’être qui il est et c’est cela qui a fait toute la différence.

Bradshaw John

par JOHN BRADSHAW

Extraits de son livre RETROUVER L’ENFANT EN SOI
Les Éditions de l’Homme, 2004

LA TROISIÈME VOIE

 4

Chers amis, Je suis Jeshua. Je suis avec vous. Je me tiens à vos côtés, traversant les obstacles du temps et de l’espace. Ressentez-moi dans votre cœur. Le fait d’être humain m’est si familier, avec ses hauts et ses bas. J’ai exploré toute la sphère des sentiments humains, et dans ce monde d’extrêmes, j’ai finalement trouvé une voie de sortie, un passage vers une manière différente de considérer les choses, grâce auquel l’expérience entière d’être un humain se présente sous une lumière différente, une voie qui crée de la tranquillité et de la paix dans le cœur.

C’est de cette voie de sortie, de ce passage que j’aimerais vous parler aujourd’hui. Beaucoup d’entre vous se trouvent dans un dilemme, un combat interne. Il y a présente en votre esprit l’idée que vous devriez être meilleurs et autrement que ce que vous êtes maintenant. Que vous devriez être plus évolués, plus saints, plus capables de suivre certaines règles, un idéal plus élevé de vous-mêmes, mais c’est un faux idéal. Toute cette idée de travail sur soi repose sur l’idée que vous n’êtes pas bien tels que vous êtes, qu’il existe quelque chose d’autre, que vous avez le pouvoir de vous changer, que vous maîtrisez le fait d’être humain. C’est une vieille idée, dont vous avez pleinement fait l’expérience à une époque très reculée.

Cette idée existait en partie en Atlantide, où vous avez développé le troisième œil, que vous viviez comme le centre d’observation dans votre tête. À partir de ce troisième œil, vous pouviez percevoir, et à partir de là aussi, vous vouliez intervenir pour modeler la vie selon vos désirs. Il y avait en vous une certaine tendance à la domination, même si cette tendance était aussi inspirée par votre conception de la vérité. Vous pensiez agir sur la base de principes supérieurs, et donc que ce que vous faisiez était  »bien », et il en va toujours ainsi. Le pouvoir est toujours voilé par des idées que l’on pense être bonnes. Toute une idéologie est alors bâtie autour d’une telle idée, faisant d’elle une vision globale qui paraît s’efforcer d’agir pour le bien. Alors qu’en essence, vous essayez de contrôler la vie en vous et chez les autres.

Le pouvoir corrompt. Il vous rend étrangers au flot naturel de la vie présent en tout être humain. Le pouvoir vous donne un concept de malléabilité qui repose en fait sur une illusion. La vie, comme vous le savez, n’est pas pliable de cette façon et elle n’est pas déterminée par la raison, ni par la volonté, ni régie à partir du troisième œil. La vie n’entre pas dans une vision globale ni un système et ne peut s’organiser selon des processus mentaux.

Pendant longtemps, vous êtes entrés en lutte contre votre humanité, contre la condition humaine. De nombreux chemins spirituels reposent sur l’idée que vous devez travailler sur vous, que vous devez vous élever, et que vous devez vous imposer un plan d’action qui vous mènera vers une situation idéale. Cependant, cette idée crée beaucoup de conflit interne. Si vous démarrez avec l’idée de l’exigence d’un idéal, vous vous imposez des critères que vous savez très bien ne pas pouvoir atteindre, et vous échouez donc dès le début.

À présent, ressentez l’énergie de ce mode de pensée : ce que vous vous infligez, quelle énergie provient de ce besoin d’imposer, de cette quête de s’améliorer, et du désir d’organiser la vie, vos émotions et vos pensées. Ressentez l’énergie de cette volonté de contrôler les choses. Est-ce une énergie d’amour ? Souvent, cette énergie se fait passer pour de l’amour, pour ce qui est bon et vrai, mais le pouvoir se dissimule toujours ainsi pour que les gens l’acceptent plus facilement. Le pouvoir ne montre pas son visage ouvertement. Le pouvoir séduit par la pensée. C’est pourquoi il est préférable de ne pas penser mais de ressentir ce que ce désir de contrôler la vie vous fait. Regardez-vous dans votre vie quotidienne, dans le présent, dans votre vie actuelle. À quelle fréquence vous battez-vous encore contre vous, et condamnez-vous ce qui monte en vous, ce qui naturellement jaillit et veut s’exprimer ? Dans cet état de jugement se tient une énergie critique, une froideur :  »cela ne devrait pas exister, c’est mauvais, cela doit disparaître ». Ressentez cette énergie. Est-ce qu’elle vous aide ?

Je veux maintenant vous amener à une autre manière de vous percevoir. Dans un espace où le changement a la possibilité de se produire, sans pour autant vous battre, sans vous malmener d’une main de fer. Pour plus de clarté, laissez-moi vous donner un exemple : imaginez que quelque chose arrive dans votre vie qui suscite en vous de la colère, de l’irritation ou quelque soit l’appellation. Vous pouvez réagir à cette colère de différentes façons. Si vous n’avez pas l’habitude de réfléchir sur vos émotions, et que vos réactions sont très primaires, alors il n’y a rien d’autre que de la colère. Vous êtes en colère, point final. Vous êtes engloutis dedans, et vous vous identifiez à elle. Il arrive parfois que vous rejetiez la cause de votre colère en-dehors de vous. Vous projetez le blâme sur quelqu’un d’autre. Quelqu’un a fait quelque chose de mal et c’est de sa faute si vous vous sentez en colère. Telle est la réaction la plus primaire. Vous êtes identifiés à votre colère, vous êtes en colère.

Une autre possibilité est ce que j’appelle la seconde manière de réagir. Vous êtes en colère et immédiatement, il y a une voix dans votre tête qui dit :  »ceci ne devrait pas arriver, c’est mauvais, ce n’est pas bon que je me mette en colère, je dois refouler cela ». Il se pourrait que le refoulement de votre colère vous ait été inculqué au cours de votre éducation religieuse ou provienne d’une opinion sociale. Par exemple : c’est mieux, plus gentil, plus honnête moralement de ne pas montrer sa colère aux autres. Le fait qu’il n’est pas convenable d’exprimer ouvertement la colère s’applique certainement aux femmes, on pense que ce n’est pas féminin.

2

Toutes sortes d’idées transmises vous incitent à juger la colère en vous. Que se passe-t-il alors ? Il y a de la colère en vous et immédiatement, surgit une opinion sur elle :  »ce n’est pas permis, c’est mauvais. » votre colère devient alors votre part d’ombre car littéralement, elle n’a pas la permission de venir à la lumière. Elle ne doit pas être vue. Qu’arrive-t-il à la colère si elle est refoulée de cette façon ? Elle ne disparaît pas, elle va dans votre dos et vous affecte de différentes manières. Elle peut vous rendre effrayés et anxieux. Il vous est impossible d’utiliser l’énergie qui se trouve dans la colère parce que vous ne vous permettez pas de l’utiliser. Il vous est permis de montrer votre côté gentil et secourable mais pas ce côté passionné, coléreux, votre aspect rebelle. Par conséquent, la colère se verrouille et vous pensez être différents des autres à cause de ces sentiments, il se peut donc que vous commenciez à vous tenir à distance des autres. Dans tous les cas, cela crée un conflit amer en vous et apparemment entre deux sois, un soi de lumière et un soi d’ombre. Pendant ce temps, vous êtes prisonniers de ce jeu pénible et cela vous fait mal, parce que vous ne pouvez pas vous exprimer. C’est ce jugement qui vous limite.

Devenez-vous réellement une meilleure personne à cause de cette réaction ? Est-ce que le refoulement de vos propres émotions va vous conduire à l’idéal d’un être humain aimant et paisible ? Lorsque je vous décris tout cela, vous voyez très clairement que ce type de réaction ne fonctionne pas. Cela ne mène pas à une paix réelle, à un réel équilibre intérieur. Et cependant c’est ce que vous vous infligez. Très souvent, vous mettez vos émotions sous silence, parce qu’elles ne sont pas bonnes selon vos codes moraux et vous ne remettez pas en question ces codes moraux, d’où ils viennent et qui vous les a transmis. Je vous recommande donc de faire ceci : ne pas y penser mais le ressentir. Ressentez cette énergie présente dans les jugements dont vous vous incendiez, avec vos images de ce qui est idéal et ce que  »vous devriez faire », qui parfois provient de motivations apparemment très élevées. Laissez-la exister. Vous ne devenez pas libres en tenant les rênes de vos émotions et en les refoulant systématiquement.

Il existe une troisième voie pour faire l’expérience de vos émotions humaines. La première consistait à vous identifier totalement à elles, comme à la colère dans le précédent exemple. La seconde était de les laisser s’accumuler, de les refouler et de les condamner. La troisième voie consiste à leur permettre d’exister et à les transcender. C’est ce que fait la conscience. La conscience dont je parle ne juge pas, c’est un état d’être. Il s’agit d’un mode d’observation créatrice. Bien, de nombreuses traditions spirituelles disent : soyez conscients de vous-mêmes et cela suffit. Mais alors vous vous demandez : comment cela se peut-il ? Comment la simple conscience de moi-même peut-elle changer le cours de mes émotions ? Il vous faut réaliser que la conscience est très puissante. C’est beaucoup plus que l’enregistrement passif d’une émotion. La conscience est une force créatrice intense.

Maintenant, imaginez une nouvelle fois que quelque chose du monde extérieur suscite en vous une émotion puissante, de la colère par exemple. Lorsque vous vous en occupez consciemment, vous l’observez pleinement en vous. Vous n’en faites rien, tandis qu’en même temps, vous continuez à regarder et à observer. Vous ne vous identifiez plus avec la colère, vous ne vous y perdez plus, vous permettez juste à la colère d’être ce qu’elle est. C’est un état de détachement, mais un détachement qui revêt une grande force, car tout ce que vous avez appris vous séduit et vous précipite dans vos humeurs, à l’intérieur de l’émotion de peur ou de colère. Et pour rendre les choses plus compliquées, vous êtes aussi attirés dans le jugement à propos de cette colère ou de cette peur. Vous êtes donc attirés de deux façons et précipités hors de la conscience, l’issue de sortie dont je vous ai parlé au début, l’issue de sortie qui est le chemin vers la paix intérieure. Vos modes de gestion habituels des émotions vous tirent hors de ce point central, hors de cette conscience, et cependant, c’est la seule issue.

C’est seulement en observant silencieusement la pleine étendue de l’émotion que vous ne devenez pas inconscients et que vous restez entièrement présents. Vous ne vous laissez pas engloutir, ni par l’émotion, ni par le jugement à propos de l’émotion. Vous la regardez en pleine conscience, avec un sentiment de douceur :  »c’est ainsi que cela est en moi ».

 »Je vois la colère se lever en moi, je la sens circuler dans mon corps ».  »Mon estomac ou mon cœur réagissent, mes pensées se précipitent pour justifier et trouver des raisons à mon émotion ».  »Mes pensées me disent que j’ai raison et que l’autre a tort ». Tout ce que vous voyez se produit lorsque vous vous observez, mais vous ne suivez pas ces impressions. Vous ne vous noyez pas dedans. Vous n’allez pas en-dessous. C’est cela, la conscience, la clarté d’esprit. Et de cette façon, vous amenez au repos les démons dans votre vie : la peur, la colère, la méfiance. Vous leur donnez de la force lorsque vous vous identifiez à eux, ou si vous les combattez par votre jugement, de toute façon, vous les nourrissez. La seule façon de les transcender, c’est de vous élever au-dessus d’eux, par votre conscience, de ne pas les combattre, mais simplement de les laisser exister.

Que se passe-t-il alors pour vous ? La conscience n’est pas quelque chose de statique. Les choses ne restent pas en l’état. Vous allez remarquer que si vous ne nourrissez pas l’énergie de l’émotion ni le jugement à son propos, celle-ci va graduellement se dissiper. En d’autres termes, votre équilibre va se renforcer, vous allez ressentir davantage de paix et de joie. S’il n’y a plus de combat dans votre cœur et dans votre âme, des bulles de joie vont jaillir. Vous posez sur la vie un regard plus tendre. Vous voyez et observez le mouvement des émotions dans votre corps. Vous observez aussi les pensées qui commencent à courir dans votre tête, avec un regard doux et tendre. Sachez que la capacité à observer sans se faire avaler est quelque chose de très puissant. C’est de cela dont il est question : c’est l’issue de sortie!

faith

À présent je veux vous demander de faire l’expérience en cet instant de la puissance de votre conscience, de l’être à l’état pur, et de la libération qui s’ensuit et vous permet de ressentir qu’il n’y a rien que vous ayez besoin de changer en vous. Ressentez la tranquillité et la clarté de cette conscience : c’est ce que vous êtes réellement. Mettez de côté tous les faux jugements. Laissez les émotions circuler, sans les refouler, elles font partie de vous et certaines ont un message à vous apporter. Posez-vous la question si vous avez une émotion dont vous avez peur, une qui vous agace, une que vous combattez ? Peut-être une qui est devenue tabou ? Permettez-lui de se présenter à vous, de se montrer sous la forme d’un enfant ou d’un animal. Il se pourrait que cet enfant s’exprime complètement, voire se comporte mal. Quoiqu’il arrive, vous devez lui permettre de faire tout ce qu’il veut et de vous dire ce qu’il ressent. Vous êtes la conscience qui regarde et dit :  »oui, je veux te voir, je veux entendre ton histoire, exprime-la ».  »Raconte-moi ton histoire, car c’est ta vérité, il se pourrait que ce ne soit pas la Vérité, mais je veux entendre ton histoire ». Vivez vos émotions de cette façon et ne les condamnez pas. Laissez-les venir à vous et vous parler. Traitez-les avec la tendresse d’une personne âgée et sage, et observez ce qu’apporte cet enfant ou cet animal. Souvent il y a cachée dans une émotion négative une pure énergie de vie qui veut émerger, une force vitale qui a été choquée à mort par tous les préjugés de l’auto-jugement. Laissez cet enfant ou cet animal gambader vers vous. Il va peut-être changer d’apparence maintenant, accueillez-le avec amour.

La conscience transforme. C’est l’outil essentiel pour changer, et pourtant, elle ne veut rien changer. La conscience dit :  » Oui – oui à ce qui est! » Elle est réceptive et accepte tout ce qui est, et c’est cela qui change tout, car elle vous libère. Vous êtes libres maintenant, vous n’êtes plus à la merci de vos émotions ni de vos jugements sur elles. En les laissant exister, elles perdent le contrôle sur vous. Bien sûr, il se peut qu’occasionnellement vous soyez encore vaincus par vos émotions et vos préjugés – c’est cela, être humain. Essayez de ne pas rester coincés là-dedans et de ne pas vous punir pour cela :  »bon sang, je n’ai pas atteint la pure conscience ! Il doit y avoir quelque chose qui ne va pas… » Ce faisant, vous commencez à faire rouler à nouveau la balle du jugement. Il vous est toujours possible de revenir à l’issue de sortie, à la paix, en ne luttant pas contre vous-mêmes. Observer ce qui est là, et ne pas faire d’erreur : ne pas se laisser emporter (soit par les émotions, soit par notre jugement sur elles) est une grande force. Telle est la puissance d’une vraie spiritualité. La vraie spiritualité n’est pas d’ordre moral, c’est une manière d’être.

 

par
JESHUA et PAMELA KRIBBE

SOURCE: Site web Jeshua Challelings, « La troisième voie », juillet 2012
http://www.jeshua.net/fr/
Traduction française par Christelle Schoette

12345...56

Des petits sous, toujours d... |
Collectif ICI Ensemble |
Vivrecolo |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Demediatisation
| Quality blog
| Conseilfemmes