Archives pour la catégorie TAO et sexualité

La sexualité est une recherche de spiritualité non consciente

 

Certes, ces deux quêtes se rejoignent, mais il ne faut pas les confondre. J’ai du mal à dire ça, on ne peut pas balancer aux gens : “Arrêtez de baiser et méditez !”, mais quelque part, je sens que ça va dans cette direction, et ça me fait penser : “Si vous faites l’amour, c’est pour retrouver votre âme-sœur, qui fera de vous un être complet”. Donc, intellectuellement, je prônerais plutôt le couple, fidèle, éternel, qui crée la vie…

SexualitéN. C. : Toutes ces convictions, on les sent dans vos chansons, et c’est ce qui les rend fortes. Comme par exemple celle où vous ne rencontrez que des “ hommes inachevés ”…

C. M. : … en me reconnaissant moi-même comme une “femme inachevée ”engendrant un“ enfant inachevé” ! La quête spirituelle, en fait, c’est toujours de faire passer l’être à une fractale supérieure, c’est-à-dire là où il retrouvera sa dimension divine. Nous sommes inachevés et peut-être que notre boulot sur terre c’est de devenir des dieux – comme si l’humanité était une grande procession et que le travail à faire était de trouver notre divinité. Et ça rejoint la sexualité : on croit que c’est par le sexe qu’on va y arriver – parce qu’on n’a pas encore de dimension spirituelle et que l’on vit dans des sociétés qui nient totalement la dimension spirituelle de l’homme. Et comme cette porte-là n’est pas ouverte en nous – et que c’est un énorme travail personnel de l’ouvrir -, on va à l’opposé, dans le sexe, alors qu’on est simplement en quête de notre dimension spirituelle. Et cette chanson sur mes hommes inachevés le dit aussi, oui.

N. C. : Pour vous, y a-t-il un lien entre érotisme et enfantement ?

C. M. : Ça me semble clair, oui ! Une fois que vous avez fait un enfant, vous êtes devenu Dieu : vous avez créé un être vivant, vous vous rendez compte !? Après ça, vous pouvez vous arrêter, vous avez fait votre boulot (rire). Mais la plupart du temps, quand on fait des bébés, on n’a pas conscience qu’on est en train de faire un travail divin !

N. C. : Ensuite, il faut accueillir le nouveau-né, et pour ça, réparer le monde. La chanson que vous consacrez à la naissance de votre fille est sans doute la plus sereine, la plus pacifiante.

C. M. : “ Salut à toi, “ beau bébé, “ né d’un moment d’éternel, “ sans avant “ sans après…

N. C. : Tout reste à faire…

C. M. : C’est un cycle sans fin, un travail à recommencer à chaque seconde. Chaque pensée, chaque acte doit s’inscrire dans cette procession, dans cette direction – que c’est ardu !

N. C. : Mais nous vivons dans une société où les gens vous regardent facilement de travers si vous insistez sur ce lien. Ils ont l’impression que vous voulez revenir en arrière !

C. M. : Que vous êtes copain avec le pape et votez à l’extrême-droite ! Ils ne comprennent pas. C’est très délicat de parler de ça…

N. C. : Dire que les plus beaux orgasmes sont peut-être ceux de l’enfantement ?

C. M. : Mais on peut “enfanter” aussi une relation, un amour…

N. C. : Oui, mais si vous enquêtez un peu dans la vie réelle, vous tombez sur des tragédies, sur…

C. M. : Sur des viols ?

N. C. : Plus ordinairement, sur le fait qu’à travers les âges, des milliards de femmes ont conçu des enfants en étant contraintes, forcées, tristes, écrasées, humiliées… et qu’au lieu de se faire dans un sublime bonheur, l’enfantement se produit plus souvent, sinon dans la tragédie, du moins dans le non-amour.

C. M. : Ce n’est pas contradictoire avec ce que nous disions. Le désir sexuel de l’homme, à ce moment-là, se situe bien dans cette quête, mais à un niveau d’inconscience fantastiquement primaire. C’est pour ça que Françoise Dolto a pu dire : “Le viol est un acte d’amour.” C’est très choquant, mais je vois ce qu’elle entendait par là – le violeur (ou l’assassin) est mu par un désir obscur : celui qui le pousse à essayer d’atteindre ce lieu qu’est la mort, dont il doit sentir très confusément que c’est le retour à la Source. C’est très dur de faire comprendre ça, on s’imagine que c’est une excuse du viol et de l’assassinat, mais ça n’a rien à voir !

N. C. : Un autre de vos titres est intrigant, c’est “Je voudrais te dire”, où vous parlez à quelqu’un que vous n’avez plus revu depuis longtemps et à qui vous expliquez que vous avez appris beaucoup de choses sur la vie, sur la confusion, sur la souffrance…

C. M. : Au départ, c’est une lettre que j’avais adressée à quelqu’un de très précis qui m’a bien manipulée, mais qui m’avait aussi suffisamment séduite pour que j’aie envie de le sauver. Et lui aussi en avait envie. Mais au dernier moment, ça a capoté, parce que s’il admettait ce que je lui disais, tout son système, toute sa vision du monde s’écroulait, toute sa vie ! donc au dernier moment, pfuit, il a rebasculé dans la psychose. Au début, cette lettre était très dure. Devenant une chanson, elle s’est adoucie – et je me suis alors aperçu qu’elle pouvait s’adresser à beaucoup de gens rencontrés dans ma vie. Elle dit aussi que j’ai compris pourquoi l’autre m’a fait souffrir : à cause de sa propre souffrance, projetée sur moi – mais je pardonne, c’est une chanson de pardon. Je dis également : “Je suis contente de te laisser un peu de mon blues”, parce que le blues est trop lourd à porter. Insupportablement lourd. Et j’ai compris qu’en fait, la souffrance s’adressait uniquement à Dieu, pas à quelqu’un d’autre. Seul Dieu peut nous aider – éventuellement à travers les autres – à supporter notre souffrance.

Entretien avec Corine Marienneau, par Patrice van Eersel paru au Magazine CLE

Site officiel de Corine Marienneau : [-> www.corine.fr.st]

 

incarner en conscience la quête éperdue de l’amour

incarner l'amourBesoin incessant et souvent insatisfait de reconnaissance, de soutien, de tendresse, addiction à la nourriture, à la boisson, au sexe, aux médicaments, à la drogue, au travail, renoncement à toute manifestation du désir ou du plaisir, Ego spirituel, tant d’expériences témoignent de l’aspiration à l’Infini teintée des blessures de l’Ego!

Le Tantra est une expérience initiatique incarnée dans la conscience, un chemin où l’accueil de l’autre ne pourra exister durablement que s’il est précédé de la véritable rencontre de Soi. 

Pour ne pas se perdre dans une course sans espoir vers cette nostalgie de la fusion infinie, vers cette quête éperdue de l’Amour, la première étape de cette expérience consiste, même si elle ressemble à un détour, à prendre conscience de cette part de notre héritage culturel qui perpétue en nous une vision duelle et culpabilisante

– le bien contre le mal, l’incarnation sexuée contre la spiritualité, l’intérieur contre l’extérieur, l’ombre contre la lumière …

Reconnaître humblement cette transmission nous permet de prendre du recul par rapport à elle et de moins la laisser œuvrer à notre insu, à l’intérieur de nous; au lieu de s’époumoner dans une quête extérieure, le Tantra propose de remplacer l’interdit par l’expérience vécue en toute conscience.
 Alors, peut s’initier l’Union Tantrique au sein de notre Etre:
Tout d’abord, en tissant des liens profonds, entre tous les aspects de notre personnalité, sans oublier les plus occultés, les plus niés – pulsions, besoins, blessures profondes, désirs, ombre… – les reconnaître, les accueilir sans jugement, sans censure, sans tabou…avec Amour…
En dépassant cette sensation de séparation au sein de nous, nous allons à la rencontre de ce que nous sommes réellement ; nous nous Accueillons enfin, nous entrons en Amour avec nous-même; en libérant cette énergie bloquée, mobilisée pour camoufler ces ombres, nous nous libérons et ouvrons, élargissons notre champ de conscience.
En intégrant au sein de nous-même, ces parts de nous rejetées ou en souffrance, nous pouvons prendre du recul par rapport à elles, nous libérer de leur emprise sournoise; alors, nous nous acceptons enfin réellement tel que nous sommes, en tant qu’ Être totalement digne d’être aimé; nous prononçons un « oui « authentique au mariage intérieur entre le masculin et le féminin et entre toutes nos polarités.

Ce chemin va nous amener spontanément à accueillir aussi l’Autre, non comme un agresseur mais comme un Être totalement digne d’être aimé aussi, et à reconnaître son potentiel d’ouverture de conscience. 

La sexualité ne sera plus alors un acte mécanique où nous nous agitons comme des gymnastes sexuels tendus vers une quelconque performance, mais deviendra une célébration vibratoire extatique profonde, consciente et durable à l’intérieur de nous, en harmonie avec l’autre et avec l’Univers. 

Laurence et Patrick Vacheresse, enseignants Tantra

 

 

«  Si tu es conscient,
Tu réaliseras que la sexualité n’est pas seulement le sexe, 
Le sexe est la couche extérieure, 
Plus à l’intérieur, il y a l’amour, 
Encore plus à l’intérieur, il y a la prière, 
Et toujours plus à l’intérieur, il y a le divin. 
Le sexe peut devenir une expérience cosmique, 
alors on l’appelle Tantra« 
 Osho

Laurence Vacheresse
Enseignante de formation, elle a volontairement cessé son travail, après la naissance de sa troisième fille.

Après plusieurs détours dans le monde associatif
– humanitaire, développement personnel, spirituel -, elle a découvert en 2006 l’Ecole du Tantra, à Juillac; en ce lieu, elle a appris à vivre la Vérité, plutôt que de chercher à la savoir, à vivre la Vie plutôt que de la penser.
Et c’est à l’Ecole du Tantra, qu’elle est devenue professeur de kundalini yoga et qu’elle s’est formée à la relation d’aide et l’animation de groupes, avec les outils du tantra.
Elle met aussi au service de l’association Jardin Intérieur, sa certification en tant qu’animatrice de club du rire formée à L’Ecole Internationale du Rire de Corinne Cosseron
Elle invite toutes les personnes qui ont besoin ou envie de se poser, à venir accepter ce qui est, tout en réalisant cet état d’unité avec le Tout que chacun porte au sein de lui-même.

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Patrick Vacheresse
Il pratique quotidiennement l’assise en silence, Zazen, depuis 10 ans. Après avoir essayé de nombreuses techniques, c’est en 1999 qu’il s’engage quotidiennement dans la pratique de l’assise en silence : Zazen.

C’est à cette date qu’il commence à suivre l’Enseignement transmis par Jacques Castermane, fondateur du centre Durckheim dans la Drôme.
 Et il s’engagera, à partir de 2001 dans cet Enseignement.
C’est le 12 janvier 2009 qu’il sera certifié par le Centre Durckheim, habilité à pratiquer la Leibthérapie et à accompagner les personnes sur la Voie de l’action.
Il est désormais aussi formé à la relation d’aide et l’animation de groupes, avec les outils du tantra par l’Ecole du Tantra à Juillac.

http://www.meditationfrance.com/journal/article06.htm

Un Tantra de la Non-dualité au 21ème siècle

tantra de non dualité

Le Tantra est étymologiquement « l’art et la science de l’expansion de la conscience et de la libération de l’énergie », et le Nava-tantra, invite au prolongement de cette révélation (du Sanskrit नव, nava ‘nouveau’, तन्त्र, tantra ‘).

Il n’est pas rare de lire ou d’entendre que le Tantra aurait pour vocation de développer l’harmonie du Féminin et du Masculin, du Yin et du Yang, d’atteindre à la communion des sexes dans l’extase énergétique.

Si l’on se restreint à cet objet de pratique, il serait plus juste de parler de sexualité tantrique plutôt que de Tantra. Car la sexualité ne représente que l’une des très nombreuses occasions de pratiques méditatives proposées par la tradition. Il est à ce titre souvent rappelé que sur les 112 méditations décrites dans le fameux Vijnana Bhairava Tantra, seulement deux se fondent sur une pratique en lien avec l’énergie sexuelle.

Le Tantra est une vision mystique avant d’être une pratique de développement humain ou de recherche de l’extase sexuelle. Les passions, qu’elles soient dites « positives » c’est à dire désirées par l’ego, ou « négatives », rejetées par celui-ci n’en sont pas exclues, mais elles ne sont pas perçues comme une fin en soi. Il n’ambitionne jamais quoi que ce soit qui tienne à l’ordre de la contingence ou du relatif. La perspective tantrique, c’est l’éternité dans le temps, c’est l’Absolu dans le relatif, c’est le Royaume des Cieux ici-bas. Autrement dit : être dans ce monde, sans être de ce monde.

Le Tantra vise – au sens de vision – à cet ordre inconditionnel, ce qui est présent d’instant en instant et dont je ne peux jamais être séparé. Il ne peut donc jamais viser un objet relatif du champ de l’expérience – même lorsque cet objet est une expérience d’extase, d’Unio Mystica ! Le Tantra vise – sans jamais le viser directement – l’ultime sujet qui, au-delà du règne de tous les phénomènes, de toutes les images, désire, crée et dissout le songe de cette réalité dans un océan d’amour éternel : l’Esprit qui joue avec le monde à travers chacune des formes manifestées qu’il anime de son souffle.

« Lorsque tu te connais, ton ego illusoire est enlevé et tu n’es pas autre qu’Allah !… Autrement dit : «  Connais-toi toi-même  » ou «  Connais ton être  » signifie «  Sache que tu n’es pas Toi  » alors que tu l’ignorais. »
Ibn Arâbi

Le tantrisme propose une formulation métaphysique non duelle similaire à celle de l’Advaita Vedanta. Il s’en différencie cependant en affirmant que la connaissance intellectuelle pure ne saurait suffire à atteindre la félicité, c’est-à-dire à faire l’expérience de l’identité intime entre la personne et la Conscience universelle, le Soi unique représenté par Shiva. Dans ces pratiques, le corps devient l’instrument et le lieu intime de la réalisation spirituelle.

Le mot tantrisme est issu du sanskrit « Tantra » dont la racine exprime l’idée d’extension, mais également celle de trame ou de tissu. Les tantras sont des textes « tissés » par des maîtres au cours des vingt derniers siècles, le plus souvent rédigés en sanskrit, mais également en d’autres langues de l’inde.

Expérimenter l’intensité et la transcendance dans l’expérience la plus ordinaire, telle pourrait être la devise de la philosophie de la Reconnaissance (Pratyabhijna) du shivaïsme tantrique. La délivrance n’est pas fuite hors du monde, mais liberté active dans une expérience à chaque instant recréé par la conscience. Ainsi que l’exprimait Pierre Feuga, « transgresser veut dire transcender, consommer signifie consumer. L’initié consume le monde des apparences et réalise l’éveil le plus intense au sein même de la matière. Ce qui est poison pour le commun devient remède pour le tantrika ». Est tantrique tout homme ou toute femme qui assume la vie dans tous ses aspects, purs et impurs, sans fuite d’aucune sorte, tout homme ou toute femme qui perçoit l’univers comme un champ d’expérience sensible et énergétique sans a priori d’aucune sorte quant à ce qui est désirable ou non, tout homme ou toute femme qui expérimente le pressentiment selon lequel jouissance corporelle et éveil spirituel se magnifient l’un l’autre.

Il est alors aisé de constater à quel point le Tantra contemporain qui s’inscrit pour l’essentiel dans la perspective de la recherche d’un plaisir plus intense, d’un développement de la personne, d’une harmonisation de la relation de couple et des principes féminin et masculin – encore des images, si génériques soient-elles – s’éloigne de la vaste perspective mystique proposée par la tradition !

Le champ du développement personnel est sans espoir s’il refuse de se sublimer au-delà du seul objet de sa fascination : l’épanouissement de la personne séparée.

Pour renouer avec cette tradition authentique de la Non-Dualité, nous n’avons aucunement besoin de nouvelles grandes théories inclusives, de nouveaux modèles de description de la réalité, de nouvelles thèses de psychologies, etc… Le Tantra de la Non-dualité commence lorsque sont abandonnées toutes les velléités de saisie et de réduction de la réalité à des concepts, dogmes, typologies, modèles, techniques…

Le Nava-Tantra (du sanskrit ‘nava’ nouveau) s’inscrit dans la lignée directe des écoles de sagesse traditionnelles des millénaires passés. Mais il se conçoit comme une mystique laïque, débarrassée des oripeaux folkloriques de l’Orient (Namasté, Shiva, Shakti, Lingam, Yoni…) et surtout actualisée et enrichie de tous les apports contemporains issus des sciences et arts de notre temps. Car si la Vérité peut être une et invariable d’époque en époque, de culture en culture, le chemin pour y arriver est fonction des obstacles spécifiques qu’il nous faut traverser. Si la vérité est une, la porte qui nous en sépare est quant à elle à chaque fois nouvelle, et nécessite de nouvelles clefs, de nouvelles formulations adaptées aux contingences d’une époque donnée. D’où la pertinence d’une nouvelle approche tantrique, d’un nouveau Tantra (Nava signifie nouveau en sanskrit), nouveau non pas dans son essence, qui elle demeure éternelle, mais frais et innocent dans sa mise en oeuvre formelle, dans ses mots, ses techniques et ses rituels.

Le Nava-Tantra se distingue ainsi des diverses formes de tantras contemporains par la création d’espaces de liberté psychologique et corporelle maximale, et par la priorité donnée à l’expérience pure sur la technique. Dans la transmission du Nava-Tantra nous n’enseignons en effet pas à proprement parler de techniques pour atteindre tel ou tel état. Nous ne donnons pas de consignes contraignantes, mais invitons à porter l’attention sur ce qui traverse le champ de conscience : sensations, émotions, pensées… à quoi je dis oui, à quoi je dis non… quelle que soit la situation, que je sois seul à méditer devant un mur blanc, en train de danser ou de partager une expérience énergétique ou physique avec un partenaire.

On ne regarde pas le soleil en face, sous peine de se brûler les yeux. L’expérience de la Vérité, ou de Dieu, est du même ordre. Je ne peux viser à la « pleine conscience », à l’abandon absolu, au non-jugement. Tout ceci est hors de portée de la personne. Ce qui est par contre de mon ressort, c’est de prendre conscience de ce qui me sépare de la lumière, de la détente, du non-jugement. Je m’extraie du nuage – je vois ce que je refusais de voir, ce à quoi je disais non – et j’inclus ce nuage dans le ciel plus vaste de ma présence. J’inclus mon « Non » en en prenant conscience et en l’accueillant, et ce faisant, je l’intègre à mon expérience au lieu de le refuser. Ensuite, que l’astre suprême se dévoile ou pas à ma prière, cela ne dépend pas de ma personne. De la même manière que l’humilité authentique ne consiste pas en la recherche de cette humilité, mais en la seule contemplation de mes petites prétentions au quotidien.

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La clef ultime pourrait s’énoncer dans les termes rapportés par l’évangéliste :

« Seigneur, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe de douleur. Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne. »
Luc 22.42

La personne qui désire quelques chose en particulier, prise dans son jeu de préhension et de rejet, d’ombres et de lumières, n‘est pas la source d’elle-même. Elle n’est que le reflet, l’émanation éphémère de cette source, l’espace de vacuité à travers lequel l’amour divin se manifeste dans le monde des formes. Tous ses choix, ses comportements, ses préférences ne sont pas choisis mais déterminés et conditionnés par son histoire et ses mémoires.

Les propositions attentionnelles que nous formulons au cours des retraites et des stages visent ainsi à mettre en lumière les ombres, les obstacles, les mémoires qui s’interposent entre le moi égotique et la Lumière. Mettre en évidence les mécanismes, les conditionnements par lesquels je me coupe de l’amour, de l’humilité… Regarder en quoi mon expérience est déterminée par une mémoire, par une résonance d’une expérience antérieure que je n’ai pas laissée mourir…

Qui observe ce qui se joue ? A qui ou à quoi suis-je en cet instant identifié ? Je ne vois justement pas ce à quoi je suis identifié, puisque c’est le point depuis lequel je perçois ma réalité subjective. Si vous êtes sur un sommet et contemplez la nature environnante, vous voyez tout le paysage alentours, les montagnes, vallées, rivières, forêts, plaines… vous êtes attentifs au ciel , aux nuages, aux animaux… le seul point que vous ne pouvez pas inclure dans votre regard, c’est le point depuis lequel vous observez !

Observer… sentir… et offrir… rendre à la Source ce qui n’a fait que me traverser, et ne m’a jamais appartenu…

L’invitation du Nava-Tantra consiste ainsi à faire pleinement l’expérience de ce qui se présente jusqu’à le désirer intensément, en y reconnaissant la perfection, la complétude et la nécessité de la vie qui s’exprime sous cette forme singulière et unique, ici et maintenant. C’est la raison pour laquelle nous ne proposons aucun programme de stage ou de cycle tel que « Formation enNava-Tantra en n modules sur x années ». S’il existait un programme générique tout prêt qui convienne à tout à chacun pour atteindre à la joie, cela se saurait depuis les siècles que les mystiques de tous les temps et de toutes les cultures expérimentent et transmettent. Les enseignements des écoles de sagesse n’ont jamais rien eu d’un programme scolaire constitué d’une suite d’exercices et de concepts dont il s’agirait de mesurer la bonne appropriation par le prétendant à l’éveil. La spécificité de ces enseignements c’est leur singularité irréductible, spécifique à chaque personne, à chaque instant de son expérience.

Chaque atelier que nous proposons est singulier, par sa qualité d’être autant que par les structures et enseignements qui y sont proposés. Sa forme émerge naturellement des énergies, aspirations et désirs de tous les participants qui se réunissent au nom de l’Amour et de la Conscience.

« Car où il y a deux ou trois personnes assemblées en mon nom, je suis là au milieu d’elles. »
Matthieu 18 :18-20

Notre perspective est de reconnaître ce qui se présente au sein du groupe à chaque instant comme étant exactement ce qui est juste pour chacun des participants, et notre rôle d’enseignants-animateurs est de nous mettre à l’écoute de la forme qui apparaît, de mettre en conscience les tensions, émotions, jugements éventuels et d’accompagner l’expérience, à partir d’enseignements et de propositions de structures, jusqu’à ce que cette forme se dissolve dans l’espace vaste et tranquille du silence, dans la simple présence, sans jugement ni commentaire accessoires.

Que je me raconte avoir réussi ou pas à être présent, en tant que personne, n’a aucune espèce d’importance, aucune valeur particulière. Ce qui fait l’essence du Nava-Tantra, c’est la joie de faire l’expérience de mon conditionnement, de mes passions et de mes limitations, d’instant en instant, et de reconnaître ces conditionnements, passions et limitations comme richesse d’expression du divin à travers ce corps contingent. D’instant en instant. Ici et maintenant.

Car pourquoi désirer quelque chose en particulier, lorsque ma nature essentielle est de tout désirer ? Il s’agit de reconnaître et d’expérimenter la joie inconditionnelle d’être en vie, à travers les diverses expériences passionnelles de l’existence, que je sois traversé par l’amour ou par la peur, par la joie ou par la tristesse, par la sérénité ou par la colère, par le plaisir ou par la douleur…

A travers le Nava-Tantra, c’est cette joie intime de vivre, de créer et d’aimer que nous aspirons à célébrer, à partager et à transmettre.

Par Yves-Marie L’HOUR et Vicky KOHN
http://nava-tantra.com

Aux sources de l’alchimie interne

 

 alchimie interne

Le Huangdi Nei Jing ou Classique interne de l’empereur Jaune est le plus ancien ouvrage de médecine chinoise traditionnelle. On considère que l’ouvrage écrit aurait été compilé dans une période allant de -550 à +220, mais « l’action » se situerait aux alentours de -3000 avant J.-C. 

Il se scinde en deux parties : le Ling Shu (plus axé sur l’acupuncture) et le Su Wen (qui présente les théories fondamentales). Dans le Su Wen, on trouve, entre autres, des dialogues entre l’empereur et sa préceptrice Sou-nu, initiatrice sexuelle. Les conseils peuvent paraître très techniques, poétiques, ou érotiques… En fait ils sont source d’une démarche spirituelle qui n’est rien d’autre que la continuité d’une démarche physiologique, médicale ou psychologique de bonne santé. La pratique sexuelle s’inscrit alors dans un cheminement qu’on appelle l’alchimie interne (nei dan), dont le but est de sublimer la matière, de sa zone la plus grossière, dense et incarnée à une zone plus subtile, jusqu’à l’esprit pur (le shen). 

Voici ce que dit Sou-nu : « Si un homme se livre une fois à l’acte sexuel sans perdre sa semence, il fortifie son corps. S’il le fait deux fois, son ouïe sera fine et sa vue perçante. S’il le fait trois fois, toutes les maladies disparaîtront. S’il le fait quatre fois, il jouira de la paix de l’âme. S’il le fait cinq fois, son cœur et son sang seront améliorés. 

S’il le fait six fois, ses reins deviendront robustes. S’il le fait 7 fois, ses fesses et ses cuisses gagneront en puissance. S’il le fait huit fois, son corps deviendra lisse. S’il le fait neuf fois, il atteindra la longévité. S’il le fait dix fois, il deviendra immortel. » 

Comment interpréter ce texte ? La proposition taoïste est donc bien de devenir immortel, c’est–à-dire de se réaliser spirituellement tout en économisant et en régénérant son énergie, entre autres par l’apprentissage de la rétention du sperme pendant l’amour. On peut entendre que « la petite mort » rapprocherait plus vite de la grande, tandis que l’orgasme sans éjaculation régénère. Tout un art.

Retrouver le jeu du Tao sur http://devantsoi.forumgratuit.org/ avec Francesca

 

Le corps comme un temple TAO

 

  

temple TAOSi le tao de l’amour repose d’abord sur une régénération de l’énergie, une amélioration de la santé et la longévité, pour in fine procurer beaucoup de bonheur avec son partenaire, c’est parce que ce concept accessible s’avère aussi le terreau nécessaire pour donner la sève qui fait pousser la branche du spirituel. Faire monter son niveau de conscience, atteindre la réalisation spirituelle, l’extase via la sexualité est en effet nettement plus compliqué à obtenir. 

Soyons clairs, il y a peu d’élus. Il faut compter un paquet d’heures de méditation souvent incompatible avec un travail à plein temps, sans assurance que la lumière fuse… Avec l’alchimie intérieure, on passe à la dimension supérieure. 

Comme dans toutes les religions ou courants spirituels, il existe une voie, une brèche qui permet de dépasser la conscience individuelle et de se relier au « tout ». À la conscience universelle, à l’immanence, à Dieu… La terminologie change selon les croyances et les cultures. Les façons d’y accéder aussi, mais on retrouve toujours les notions « d’amour universel » et « de détachement » dans le trousseau de clefs qui ouvre la « porte » spatio-temporelle de l’éveil. Le tao n’échappe pas à la règle, mais développe une notion originale, la vacuité, et une voie non moins iconoclaste pour y accéder, la sexualité. 

La vacuité à deux Il s’agit d’un état qui se rapproche de l’état initial, celui du nouveau-né. Prônant le non-agir, le détachement… On y accède par la méditation, des exercices précis… Et souvent dans un cadre monastique. C’est souvent plus pratique pour ne pas être en proie aux tumultes du monde* ! L’accès à la vacuité par la sexualité (ce qui n’empêche pas la méditation par ailleurs) participe de cette même quête spirituelle. Le corps est alors vécu comme un temple, comme un lieu de sublimation, de transformation. Les énergies corporelles sont alors transmutées en conscience. 

Il s’agit de faire circuler le jing pendant l’acte, comme dans la sexualité énergétique où l’homme recueille le yin de la femme avec le bout de son gland tandis que la femme capte le yang de l’homme avec son vagin. La suite est plus aléatoire… Il s’agit d’un état d’expansion de conscience qui dépasse les mots et peut-être l’entendement cartésien. 

On est bien évidemment très loin des sensations érotiques. Ouverture du canal central Il se manifeste comme une colonne de lumière dense et irradiante qui traverse le corps du sommet de la tête au périnée. 

Il s’agit d’une sorte de tremplin pour s’envoler plus haut, bien au-delà de la jouissance et même de la félicité. Les maîtres taoïstes expliquent que le canal central s’ouvre spontanément au moment de l’orgasme ordinaire, sans que l’esprit puisse en avoir conscience. Il ouvre sur un état de conscience modifié proche de celui qu’atteignent les grands méditants, que Freud nommait aussi le sentiment océanique ; on ne ressent plus ses limites physiques, on fait partie intégrante de l’Univers. 

Concrètement : on se sert de ses organes génitaux de la même façon que les magnétiseurs ou les maîtres de qi gong utilisent la main pour émettre et diriger du fluide pour guérir. En Occident, il est courant de parler d’un don particulier ; dans la culture orientale, et chez les taoïstes en particulier, les pratiques d’alchimie interne permettent de travailler justement ce qi, de l’amplifier, de pouvoir le diriger à des fins thérapeutiques ou spirituelles. Il est souvent assimilé à de l’amour circulant.

 

*À lire: Le Livre de la voie et de la vertu, Dao De Jing, traduit par Henning Strom, éditions You-Feng.

 

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IL FAUT DE L’AMOUR

 

 

coeur N : La sexualité énergétique est-elle une pratique courante ? 

Aujourd’hui, non. Elle l’a été à une certaine époque, intégrée dans un système d’éducation élitiste chez les nobles et les mandarins, transmise de mère en fille et de père en fils. Ensuite, elle a été vulgarisée via les mandarins vers la classe moyenne jusqu’à la révolution culturelle, surtout dans son principe plus que dans les techniques. 

À l’heure actuelle, les Chinois sont au même niveau de tabou et de malaise (même si ce n’est pas pour les mêmes raisons) vis-à-vis de la sexualité que les Occidentaux. De nos jours, la sexualité telle qu’envisagée dans le yang sheng reste une pratique très marginale. 

Pourquoi « marginale », alors qu’à la clef, il n’y a que des avantages : une meilleure santé, une plus grande vigueur sexuelle et non sexuelle, un plaisir physique et psychique décuplé, le contentement et la plénitude en prime ? Y aurait-il un vice caché ? 

Non, mais il s’agit d’une sexualité qui se prémédite moins qu’elle ne s’impose d’elle-même quand le corps et le mental sont prêts. Ceux qui y viennent pour la bagatelle exotique ou après avoir lu un livre d’un auteur ou d’un autre en disant « je veux ça », ou avec des fantasmes, vont passer à côté de l’essentiel. 

Pouvez-vous préciser ?

On y vient spontanément quand il y a un changement dans la sensibilité corporelle, dans la dynamique de l’échange, dans la perception tactile. C’est ce qui se passe quand on pratique le tai chi, le qi gong, le yoga, la méditation ou tout autre art énergétique. C’est plus une conséquence d’une pratique non sexuelle, d’un investissement dans une pratique de santé ou d’épanouissement personnel ou spirituel qui, en cours de route, influe sur la vision et la perception que l’on a de la sexualité, de sa sexualité… 

Que disent les moines taoïstes à ce sujet ?

L’intérêt des Occidentaux les amuse beaucoup ! Ils disent « Ah là là !, ne vous occupez pas de ces choses-là, ne commencez pas par là, pratiquez d’abord (sous-entendu le qi gong et la méditation), ça viendra tout seul » Voilà ce qu’ils disent aux aspirants au sexe énergétique, au sexe nouveau, à ceux qui sont toujours dans le vouloir faire et pas dans le laisser être. 

Dans la perspective du tao sexuel, le sexe n’a pas d’importance impérative, ni obsessionnelle. Il devient libre et finalement optionnel. Il ne faut pas oublier que l’aboutissement de ce type d’union, c’est une méditation partagée. Ce qui n’est ni « sexe » ni « cul » comme peuvent parfois l’imaginer de loin les néophytes. 

Faut-il aimer ?

Non, il n’est pas nécessaire d’aimer dans le sens amoureux et romantique ou monothéiste du terme. En tout cas, pas avec l’intention d’une histoire (celle du couple), de l’attachement ou de la projection du lien sur l’avenir. L’expérience peut avoir lieu une seule fois, et rester à jamais significative, mais pour que l’expérience ait lieu une fois, ou qu’elle se renouvelle autant de fois qu’on le souhaite, IL FAUT DE L’AMOUR. 

Le culte de l’amour. Cet amour pour l’autre, mais qui dépasse l’autre, va permettre d’accomplir un rituel à la vie. J’ose une remarque pour les pratiquants et les pratiquantes : ne pas confondre plaisir intense et sentiment. Même s’il peut arriver que cet amour inconditionnel qui nous amène à nous vouer au culte de quelque chose qui nous dépasse puisse aussi nous attacher à l’objet. Magie ou coup bas de la biologie, le sentiment d’attachement reste étroitement lié à la sécrétion d’ocytocine, qui augmente d’autant plus que le plaisir est intense, que le toucher est développé… ce qui incite à recommencer. 

Au niveau du ressenti, est-ce pareil pour un homme et une femme ?

L’homme qui entre dans cette démarche rejoint peu à peu la dimension de la femme, la dimension extraordinaire de la sensibilité de la femme. Attention, ce sont des généralités. Il y a des hommes qui ressentent plein de choses et des femmes très masculines dont la sexualité est très localisée aux organes sexuels. Mais on peut dire en stéréotypant que l’homme est plus brut de décoffrage, et que la femme a une longueur d’avance sur la jouissance qui concerne tout son corps, tout son cœur et toute son âme, et lui permet de ressentir ce sentiment océanique auquel l’homme n’a que peu accès tant il a du mal à se laisser aller. En pratiquant cette sexualité libératrice, car libéré de l’orgasme éjaculatoire, l’homme comble son retard sur la femme, et de ce fait la femme gagne elle aussi en plénitude, car on élimine une bonne dose de frustration créée par l’obligation. Obligation de jouir, d’être performant, de suivre le bon mode d’emploi… D’autant que c’est une démarche dans laquelle mieux vaut être deux sur la même longueur d’onde. 

Quels sont les clignotants qui indiquent qu’on est sur la bonne voie ?

La respiration. Le voyant rouge, c’est lorsque la respiration devient haletante, qu’on respire par la bouche à l’inspir comme à l’expir, qu’on se laisse entraîner dans un rythme follement excitant. Attention danger ! C’est là qu’on se plante, qu’on est en train de se faire avoir… 

On va dans l’entonnoir de l’orgasme habituel… mais on va passer à côté de l’expérience. Alors que pour ceux qui sont déjà entraînés à caler leur mouvement sur des respirations amples et longues toujours par le nez à l’inspir comme à l’expir, à ressentir des sensations d’apesanteur, des manifestations de l’énergie dans les mains et le corps, la jouissance va s’opérer, s’appréhender différemment. On chemine seul, ou mieux à deux, vers la plénitude et la suspension car on s’arrête quand on veut, on continue autant qu’on le souhaite… 

La forme, c’est le fond qui remonte à la surface ?

Oui, parce qu’on ne fait pas du qi gong, de la méditation, du yoga ou autres plusieurs fois par semaine… pour devenir un grand yogi du sexe. L’implication est toute autre. C’est pour cela que je dis que ce type de sexualité est une conséquence d’une pratique qui a auparavant changé la personne. 

Cela étant, tout existe : j’ai eu des témoignages de personnes au cours de séminaires ou de stages qui étaient littéralement tombées dedans sans aucune démarche préalable. Elles étaient prêtes, leur partenaire aussi et ensemble ils ont trouvé ce que d’autres essaient d’approcher sans y parvenir. La sexualité est le domaine de l’intimement vécu, et il n’y a pas de loi générale qui régisse le sujet.

 

EXTRAIT du magazine NEXUS N° 75 de 2011

 

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